Astral, humeur et menstruations

Un homme vint à ma rencontre et on passa plus d’une heure à gérer une mission astrale avant de revenir dans une pièce où nous n’étions que tous les deux. Sa présence ne me lâchait plus et cela commença à m’exaspérer. Je finis par lui faire une proposition de travail ensemble mais en le voyant perdu, le peu de patience qu’il me restait explosa en lambeaux.

-Qu’est-ce que tu fous là ? Pourquoi choisis-tu de rester à mes côtés ? Je t’ai proposé ce projet et tu me dis que tu n’en as pas envie. Qu’est-ce que tu veux alors de moi ?

“Je ne sais pas”, répondit-il.

S’il y avait une réponse que je ne tolérais pas de mes guides, c’était bien celle-là.

-Comment ça tu sais pas ? C’est pourtant clair. Je te propose de prendre du temps avec toi pour tel projet, et toi tu me dis que tu ne sais pas si tu en as envie. Mais pourquoi tu viens ici alors ? Pourquoi tu me colles ? Casse-toi alors ! Tu n’as rien à foutre ici !

– “Je…. je te dis simplement que je ne sais pas ce que je veux… mais je suis là, et je…je ne sais pas pourquoi…”

-Bah viens pas dans mes pattes sans savoir si oui ou non tu veux être avec moi. Tu me fais perdre mon temps. Avoir des présences qui ne savent pas ce qu’elles veulent à trainer autour de moi, je n’en veux pas. Pars et suis ta route, bordel, tu n’as pas besoin de moi ! Dégage !

-“Hein ?… euh non… je… “

-Ecoute, je n’ai pas besoin de guides qui ne savent pas ce qu’ils foutent à mes côtés. Soit tu sais, soit tu te casses. Tu vois, je t’aide à choisir. Casse-toi de mon environnement ! Tu reviendras quand tu sauras, en attendant fous le camp d’ici ! Laissez-moi tranquille ! Ca fait déjà 1 heure que je me coltine ta présence, c’est bon, j’ai donné ! Casse-toi maintenant !! (il ne bougea pas) Qu’est-ce que tu comprends pas dans “Je veux que tu te casses” ?! Je veux que tu te barres !! C’est clair, ça non ??!

Il me vit m’approcher de lui et tendre le bras, prête à ouvrir une porte dimensionnelle pour lui imposer l’expulsion.

-“Camille, tu as tes règles là ! C’est pour ça que tu es agressive !…C’est le début de tes règles !”, s’exclama-t-il soudainement.

-J’ai mes règles ?… (mon sourcil se releva en un mélange d’interrogation et de colère sourde)

-“Tu es toujours beaucoup plus agressive quand tu les as. Tu deviens particulièrement impulsive et très extrême. Tu ne devrais pas prendre de décisions maintenant, ce n’est pas le moment d’agir pour toi. Tu pourrais le regretter si tu prends des décisions dans cet état… Tu pourrais être un peu plus douce et…”

-Plus de douceur ?… Tu veux que moi je sois douce ?… Arrêtez de vouloir sans arrêt me changer. Vous me demandez sans arrêt plus de douceur, plus de patience, plus de tout… Ca suffit, j’en ai ras-le-cul !! Vous voulez sans arrêt que je sois quelqu’un d’autre. Arrêtez de vouloir faire de moi une personne que je ne suis pas ! Si tu veux quelqu’un de doux, va voir quelqu’un de doux putain ! Qu’est-ce que vous me faites chier ! C’est toujours pareil avec vous, ça ne va jamais ! Je ne suis jamais comme il faut ! Pourquoi vous vous obstinez à me coller au cul alors ? Vous pouvez pas me foutre la paix ?! Barre-toi putain !

-“je n’ai pas dit que je voulais partir… je ne sais pas ce dont j’ai envie, mais Camille… je t’en prie… ne me force pas à partir… je n’ai pas envie de partir même si je ne sais pas pourquoi… ce n’est pas grave si je ne me souviens pas… Ah tiens au fait, regarde, j’ai ça pour toi, cela sent bon ! Tu aimes ? ”

Il me faisait sa technique de “je-change-vite-de-sujet-avant-qu’elle-snape-totalement”, technique que mes guides maitrisaient parfaitement avec moi, ce qui d’ailleurs m’agaçait de voir à quel point ils étaient doués pour détourner ma colère. Il me tendit un petit bout de cire roulé en un petit cylindre de 2 centimètres de long qu’il sortit promptement de son sac à dos. Je le pris de sa main tendu et le portai à mon nez, à moitié encore en train de bouder.

-Hm. Cela sent bon oui… c’est quoi ?…

-“C’est pour tes cheveux, tu vas aimer l’effet ! Regarde, mets le comme ça, glisse-le entre tes cheveux au niveau de l’élastique. La cire va se dissoudre et va diffuser doucement l’odeur sur toute ta tête. Cela va t’apaiser.”

-.. Hm, comme ça ?… je l’ai bien mis ? demandai-je en lui pointant le haut de ma tête dans sa direction pour qu’il puisse voir comment je l’avais placé.

-“Oui, il est bien là, tu aimes ? Tu sens l’odeur ?”

-Oui… c’est fruité… cela ressemble à du ylang-ylang. Merci, ça sent bon. J’aime beaucoup. Je sens l’odeur sur tout le haut de ma tête. C’est doux et agréable…

Il me regarda et sourit tendrement en voyant mon visage se décrisper.

Quand je rouvris les yeux dans le lit, je tendis la main pour attraper le téléphone. J’ouvris mon appli pour la gestion des dates de menstruations. Je faisais un suivi très rigoureux des dates. Il avait raison, j’étais au début de mes règles. J’allais grogner intérieurement pendant quelques jours.

Mes guides savaient la même chose que moi, mon cycle menstruel était un grand huit des humeurs. Je n’étais sous aucune pilule ni aucun contraceptif. Je subissais alors de plein fouet les hormones et tentais de supporter mes vagues émotionnelles qui allaient de pair. Tous les mois, j’avais un cycle d’humeurs assez distinct. Même pour moi, ce n’était pas facile à vivre. Je sentais en permanence mon flux d’émotions et pouvais plus ou moins dire dans quelle phase je me situais.

Première semaine, je me sentais seule au monde, ensuite je déprimais face à l’humanité de con qu’on était et au fait que j’étais sur terre à faire des missions de merdes dans l’astral, ensuite je basculais en hyperproductivité ou je me sentais au top de moi-même. Puis sans le voir venir, l’ours se réveillait à l’approche de mes règles et tout me fait chier pendant 2, 3 jours. Mes règles arrivaient et là, Doliprane devenait mon meilleur compagnon de route. Le reste, j’en avais plus rien à foutre. Et ensuite, je finissais mes règles avec un retour au calme 1 jour ou 2, puis on repartait pour un tour.

En général, je tentais d’intérioriser un maximum mes vagues et aléas hormonales, mais il arrivait parfois que cela déborde surtout avec mon ours. Et mes guides, souvent, étaient les premiers impactés, parce qu’avec eux, je ne prenais aucune pincette. Je ne me retenais pas non plus et j’étais loin des conventions usuelles du monde des humains. J’essayais vraiment de lisser ma relation avec ma guidance, mais quand mon ours ressortait de l’autre côté, je préférais toujours qu’on me foute la paix. Seulement, j’avais des guides vraiment têtus… Ils n’en faisaient qu’à leur tête, même dans mes pires moments de grogn-atitude… Ce n’était pas faute de leur demander de me laisser tranquille pourtant… Ne leur dites pas, mais je pense qu’ils sont maso… non ?…

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