
Bonjour à tous,
Tandis que je marchais tranquillement dans un monde éthéré, lucide, une voix m’interpella à la volée et changea tout l’environnement autour de moi.
Il me montra l’image d’un homme, et dit :
– « Tu n’as pas compris pourquoi son attitude avait changé du jour au lendemain. Tu te rappelles de ce moment où tu lui as parlé de ton site ? Il est allé voir après, il a lu des articles de ton blog. Et il n’a pas du tout aimé ce qu’il a lu de toi. »
Il me vit lever les sourcils, étonnée, puis enfin, soupirer lourdement.
– Je ne vois pas en quoi ça justifie un tel changement d’attitude. Je suis jugée violemment alors que moi, mon attitude ne change pas sur les activités secondaires de l’autre, même si je n’adhère pas. Ce n’est pas juste.
– « Durant les 3 jours qui ont suivi votre conversation, tu as constaté ce changement comportemental. Tu ne comprenais pas du tout ce qu’il s’était passé, encore moins ce qui aurait pu être le déclencheur. Tu t’es remise en question, pensant que tu avais pu faire ou dire quelque chose de mal. Mais comment cela aurait-il pu l’être alors que tu avais toujours agi pareil, toujours très fidèle à toi-même. Cela venait de lui. Tu voulais savoir. Voilà, maintenant tu sais. C’est tout.»
– Hm… Merci de me l’avoir dit. Je ne demande pas aux autres d’adhérer. Je m’en fous royalement. Par contre, je me rappelle maintenant pourquoi je n’aime pas parler de mes activités personnelles. La prochaine fois, je garderai ça pour moi. Ça finit par me porter préjudice dans un contexte où cela ne devrait pourtant avoir aucun impact… C’est fou quand même…
– « Tu n’as pas besoin de lui pour avancer. Fais ta vie.»
– Hm. Certes. Autant te dire de suite que je vais m’adapter de suite. Je suis très forte au cordial-courtois et au minimum relationnel, cela ne me dérange pas du tout.
***
Ce qui est délicat et surprenant, c’est de se prendre un changement d’attitude sans aucune explication.
L’autre ne cherche absolument pas la compréhension. Il rejette purement et simplement.
On n’a alors aucune opportunité de comprendre quoi que ce soit.
Le premier réflexe de l’égo est cette sensation de devoir se défendre pour préserver son intégrité qui n’est pas acceptée. Or, et c’est là le truc, nous n’avons pas à nous défendre de quoi que ce soit.
L’égo pense qu’il subit une attaque. Il n’en est rien. L’autre le rejette simplement. C’est tout.
C’est notre égo qui veut être aimé, accepté et considéré dans sa personne, reconnu pour qui il est. En réalité, nous n’avons pas besoin de nous justifier, pas plus que l’autre n’a besoin de justifier son regard et sa perception.
Qu’il se trompe ou pas, là n’est pas le sujet. Il est libre de penser et ressentir ce qu’il veut. Tout comme il est libre de voir ce qu’il souhaite de l’autre. Si l’échange et la compréhension sont souhaitées, alors le dialogue s’entame. Sinon, il faut apprendre à vivre avec.
Ce besoin de reconnaissance n’est pas un objectif à atteindre. C’est un leurre que nous devons guérir. Nous n’avons pas besoin que l’autre approuve ce que nous sommes, ni ce que nous incarnons.
La chose délicate reste alors le respect, notamment dans le cas où il y aurait des tâches communes à effectuer.
Faire preuve de maturité et d’ouverture d’esprit n’est pas toujours simple, surtout lorsque les émotions s’en mêlent. Mais comment peut-on être dans l’échange et la compréhension de l’autre sans accepter notre différence ? C’est délicat.
Cela revient à penser et espérer que l’autre soit comme nous. Ce n’est pas possible. Au mieux, on partage des passions et des réflexions similaires, ou, qui s’en approchent. Mais doit-on s’entourer et évoluer qu’avec ce même entourage ?
La maturité intervient dans la manière dont nous allons intégrer la différence de l’autre dans un monde où tous cohabitent.
C’est la considération et l’intégration de facteurs multiples, qui au fil du temps, nous permettent de comprendre la valeur des éléments à la fois individuellement et collectivement.
En somme, c’est l’expérience qui permet de mûrir.
A-t-on l’habitude de se heurter à la différence et aux changements de pensées ?
Est-ce les personnes qui sont comme nous qui nous motivent à évoluer et à ouvrir le champ des possibles ?
Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises réponses ici. Cela dépend des chemins que l’on souhaite parcourir et de la manière dont on a de se réaliser.
Il convient simplement de rappeler que ce n’est pas grave de changer d’attitude. Il y a toujours une raison à ça. Qu’on le comprenne ou non, le corps ne change pas pour rien. Les réactions ne font pas pour rien.
Les changements comportementaux sont d’excellents indicateurs, surtout lorsqu’on remonte aux facteurs déclencheurs.
Cela invite à la réflexion sur soi, mais aussi de notre façon d’interagir avec les autres. Car nous aussi vivons ces changements d’attitudes, qui aussi, peuvent être soudains.
Les voir chez les autres, c’est bien, les voir en soi, c’est bien aussi.
Il s’agit de traits révélateurs intéressants qui aident à la compréhension générale.
Aussi, aujourd’hui, je vous invite à vous rappeler de la dernière fois où vous avez eu un changement d’attitude soudain, et de réfléchir au pourquoi.
Qu’est-ce qui a provoqué ce changement ?
Pourquoi cela vous a autant touché ?
Qu’est-ce que vous souhaitiez exprimer à travers cette réaction ?
On peut toujours pointer du doigt l’autre, mais il ne faut pas oublier regarder en soi.
Bonne journée à tous