Le tunnel de l’au-delà

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En face de moi se trouvait une ouverture dimensionnelle de 2 mètres sur 4, donnant sur une infinie d’espaces et de mondes en évolution. Je m’écroulai aussitôt sur une table qui apparut tout naturellement sous mon poids, prise de panique et me rappelant mes dernières visites à travers cette porte. Les larmes explosèrent, mes émotions devinrent une marée incontrôlable.

Jamais par le passé, en plus de 25 ans de pratique de sortie astrale, je n’avais senti mes larmes couler sur mes joues dans l’astral. D’habitude, mon envie de pleurer se faisait sentir, et je sentais ma torpeur de l’intérieur, je me sentais pleurer sans pour autant pleurer, et ensuite, selon la puissance, cela forçait le retour au lit. Mais là, il n’en fut rien. Et rien que ce fait démontrait le sentiment grave sur ma gestion émotionnelle et mentale.

Les larmes coulaient et coulaient, et moi je hurlais et je hurlais en voyant cette maudite porte dimensionnelle. Prendre ce chemin, c’était comme se perdre et ne jamais revenir. C’était disparaitre dans les confins. Et je ne le savais que trop bien. Cette porte, ce n’était pas juste une porte qui menait à un seul monde. C’était celle qui reliait le Tout. Toutes les forces, toutes les humanités, tous les peuples, tous les mondes, l’espace, les mondes, c’était un trou noir sans début, sans fin. Rentrer dedans, c’était comme pénétrer une immensité où l’on n’existe plus, où l’on est rien face à la puissance des mondes qui fourmillent dedans. Alors on disparait dedans. On prend une route, et on se perd dans des mondes qui mènent vers des mondes et puis vers d’autres mondes. Et la route ne s’arrête jamais. L’espace s’étend, le temps se dilate, se courbe, le néant se transforme et se module, les planètes se déplacent, vivent et évoluent, et moi, au milieu de tout cela, je disparais.

Choquée, plus je pleurais et plus je me caressais les joues en sentant l’effet de l’eau sur ma peau, son poids couler sur mon visage, et la fraicheur qui ruisselait, cette douceur liquide que je ne connaissais pas dans l’astral. Voir l’eau couler, sentir mes larmes et les toucher, étaient doublement choquant. J’avais vécu beaucoup de dureté et d’horreur dans l’astral, des magies diverses et des combats bien gores, j’avais vu aussi pas mal de trucs toutes ces années, mais il y avait des choses qui étaient extrêmement rares,  et voir mes propres larmes en faisait partie.

Je ne retenais plus mes émotions et toutes les larmes de mon corps sortaient sans barrage. Autour de moi, je perçus l’ombre d’un guide en retrait, qui ne bougeait point. Lui devait sûrement calibrer l’espace dimensionnel dans lequel j’étais et traiter mes émotions. Il n’intervenait pas. Comme la fois dernière où j’avais eu affaire à cette porte et à ces mondes. Sauf que la fois dernière, je n’avais pas senti mes larmes sur mon visage. J’avais hurlé toutes mes tripes, mais là… là…

A travers la fenêtre dimensionnelle, une forme se créait au milieu des étoiles. Allait-il m’inviter à la rejoindre ?…

– Non, non non ! J’en peux plus… J’en peux plus…  Pas encore… Non, nonnn… non…

Un oeil apparut d’abord dans l’espace, puis peu à peu, se transforma en visage. Cette entité semblait garder cette porte, comme si elle était son créateur. Et moi, j’étais en colère comme cette force. En colère contre ce qu’elle me faisait vivre, et ce qu’elle m’avait fait endurer. Tout avait été si dur, si éprouvant… Ce que les entités me faisaient vivre était parfois inhumain. Et même moi, certains jours, je ne savais même pas comment je faisais pour arriver à gérer.

-Aucun humain n’est sensé prendre le tunnel, dit le visage tout en me regardant.

-Alors pourquoi je l’ai fait !? Hein !? Pourquoi cette porte est là sous mon nez, et pourquoi moi j’ai pu ?!  Et DEUX fois en plus, me révoltais-je en pleurant encore plus fort tout en lui pointant deux doigts en évidence. Deux fois, DEUX !! Tout ça, tout ça, c’est à cause de vous !… Aucun humain… aucun humain, alors pourquoi moi je peux ?…

-Tu n’étais pas sensée te retrouver au milieu de ces mondes.

-Bah, c’est ça, allez c’est ça ! criai-je contre la voix, Dis plutôt que c’est de ma faute ! La première, j’avoue, snob.. snob… j’ai été curieuse, mais la deuxième… la deuxième, c’est pas moi !! Le tunnel m’a aspirée !!… snob snob….  C’était pas moi ! C’était pas d’m’a faute ! Il m’a pris, il m’a emportée comme ça, d’un coup… Le tunnel m’a aspirée, et … et… j’avais rien demandé… Il m’a pris comme ça, d’un coup…

Je m’effondrai à nouveau sur la table, le visage horrifié. Les larmes coulaient telles les chutes du Niagara. J’avais beau tenter de me calmer, rien n’y faisait. J’étais comme un volcan qui explosait. Mes nerfs craquaient totalement. Tout ce que j’avais vécu, tout ce que j’avais enduré à travers cette porte me fichait un tel effroi que je ne comprenais pas pourquoi j’avais dû encaisser un tel choc, sans aide, sans suivi, sans avertissement, sans rien. Tout m’était tombé dessus, comme à chaque fois dans l’astral,les trucs les plus dingues me tombaient dessus et moi je devais faire comme si de rien n’était et vivre avec.

– J’ai vécu un véritable enfer…, criai-je en relevant la tête en direction du visage, vous m’avez fait vivre un véritable enfer… les deux fois… les deux fois… J’ai tout vu, tout… Tous les mondes, tous les peuples, toute l’humanité…  Cette porte, cette porte… je n’aurai jamais dû la prendre… Je ne veux plus jamais revivre ça… je ne sais même pas comment j’en suis revenue en un seul morceau, ni même comment c’est possible… Comment vous avez pu me ramener en un seul morceau ?… Je ne sais même pas… Je ne sais même pas comment c’est possible que je sois encore en vie… Je n’aurai pas dû être capable de revenir… Vous m’avez tout fait voir… pourquoi ?…  Pourquoi… Aucun humain ne devrait avoir à vivre ça… Ce n’est pas gérable… Ce n’est pas…

-Ce n’est pas parce que tu peux voir la fenêtre que tu dois y aller pour autant. Cela n’était pas sensé se dérouler ainsi. Ce n’était pas prévu que tu y ailles. Toi, tu étais ancrée ici. Tu devais rester ici.

Sur une feuille qui se matérialisa devant moi sur la table, la fenêtre dimensionnelle vers les mondes se dessina d’elle-même, puis à côté apparut une petite fleur, dont le coeur regardait dans sa direction.

– Tu vois, tu peux simplement rester là, à côté, sans avoir à pénétrer le tunnel.

-Non, non non !…Mais arrête, tu me connais très bien, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! Enfin… tu me connais non ? Tu sais très bien que si je suis là, je vais retomber dedans. Je vais vouloir y retourner, parce que ma vision, ma vision va mis faire plonger comme à chaque fois… Évidemment que si c’est la sous mon nez, cela va être plus fort que moi… ! Je vais retomber ! Je vais… Non nnon non !! Je veux pas … Je peux pas,… je n’y arriverai pas ! Je peux pas revivre ça encore…

– Mais on te dit que tu n’as pas à prendre le tunnel. Tu peux rester où tu es.

-Attends, interrompit ma cousine qui déboula en renfort, elle était aussi mon Allié dans cette incarnation et aujourd’hui, elle semblait être là pour une bonne raison. Elle ne comprend pas si tu lui montres comme ça. Laisse-moi faire autrement avec elle, dit-elle avant d’attraper un stylo et de s’installer sur une chaise à mes côtés.

Elle prit une voix douce et calme et s’apprêta à redessiner les pétales de la fleur.

-Camille, ce qu’on essaie de te dire, c’est que tu vois, tu peux rester ici, tranquille, mais tu n’es pas obligée de regarder la porte. Tu vois, comme la fleur, elle est bien là, elle peut simplement regarder ailleurs, et cela sera très bien.

Elle réorienta un à un les pétales avec un trait vers le haut de telle sorte à ce que lorsqu’elle dessina le centre de la fleur, celui ne faisait plus face à la porte dimensionnelle, mais était pointée en direction du ciel.

-Tu comprends comme ça ? m’interrogea-t-elle. Cela te parle-t-il ?

Je reniflai fortement et pris plus d’air pour tenter de reprendre mon souffle. Cette solution avait l’air de pouvoir m’éviter les plongeons vers l’enfer où l’humain disparaissait au profit d’une infinie et d’un tout incommensurable.

-Hm… snob… j’comprends oui… et je pourrais quand même capter correctement, même si je ne regarde pas dans la direction ?

-Cela ne posera aucun problème. Tu peux simplement rester là, c’est tout. Tu n’as même pas besoin de regarder, d’accord ? Tu n’es même pas obligée de t’en préoccuper, d’accord ?

-Et pour les livres alors, je fais quoi ? Vous avez prévu quoi pour moi ? fis-je les yeux encore luisants, je m’essuyais le visage avec mes manches en repensant à mes dossiers en attente auprès de mes guides. Cela faisait un moment que je n’avais pas eu de nouvelles concernant mes dernières demandes.

-On t’a préparé un programme, répondit ma cousine. Tu auras 14 livres à écrire, chacun portant sur un Général en particulier, et 4 autres, seront des romans fictions inspirées. c

– … En effet, ah ouais… vous avez réfléchi aux thèmes à ce que je vois… vous m’avez préparé un travail monstre… moi qui pensais n’avoir que qu’un livre ou deux… Ok, et montre-moi alors les thèmes des Généraux et les inspirations, qui je vais canaliser.

-Hm.. l’un d’eux commence à l’ère 78, l’autre l’ère 114. Tu en as un aussi en 158. Mais Camille, je te conseille sérieusement de ne pas faire suivre ces livres, tu comprends ? Chaque tome finit à la fin du tome, l’autre livre est un autre livre. Les Généraux ne sont pas des tomes qui se suivent dans l’histoire, alors quand tu arriveras à la fin du livre, tu le feras terminer, tu écriras une fin et tu passeras à autre chose après. Le tome d’après sera une autre histoire, pas une suite. Tu comprends ?

Je hochai la tête en signe d’assentiment.

-D’accord, j’ai compris… Ok, on peut relire ensemble quelques détails pour les livres et les thèmes ? Tu peux me donner plus d’informations dans ton livre de références pour moi ?

-Oui, regardons ensemble et retiens ce que tu peux.

 

2 Comments

  1. Charline

    Bonjour Camille,

    Comme j’aimerais te faire un câlin pour que tu ne pleures plus ! C’est si rare de te lire quand tu pleures… cela a dû te faire du bien de lâcher toute cette peur…

    Je lirai tes quatorze livres avec grand plaisir. Je ne suis pas pressée. Courage, tu y arriveras !

    Alors mon roman de fiction est fortement inspiré par mon entourage direct invisible. Je sais que des êtres à mes côtés sont des personnages de mon livre. C’est franchement super à écrire.

    Et tu sais… (Rien à voir !) j’ai eu un accident sur l’autoroute il y a de cela presque deux semaines (ça fera deux semaines samedi soir). Et bien… il m’a restructuré intérieurement, je ne me reconnais plus. Je suis beaucoup mieux qu’avant. C’est incroyable ! Je n’ai pas eu peur de mourir même si j’en voyais la possibilité. Mais il me reste tant à faire sur Terre !

    Comme je suis en pleine période de partiels, j’ai fait un rêve vraiment bizarre cette pour me décompresser… une histoire de vol de bougies dans lequel j’étais impliquée, poursuivie dans un magasin géant. Et un éditeur de littérature de l’imaginaire me faisant la morale parce que la musique faite par les DJ (en boîtes de nuit) est bien mieux que la musique d’ascenseur (je ne supporte pas les deux, il faudra que je lui demande vendredi soir ce qu’il aime comme musique, tient !). Mais bon, ça fait du bien !

    Belle fleur en alignement avec le ciel, la porte n’est plus pour toi à présent. 🙂

    C’est plutôt une bonne nouvelle, non ?

    Bises.

    Bonne fin de semaine.

    1. Spiritual Flower

      Bonjour Charline,

      Les accidents de la vie nous font prendre conscience de ce qui compte pour nous, même si parfois, on peut se faire de belles frayeurs 😉

      Sinon la porte est toujours pour moi et malgré ce que pensent mes guides, je me connais. Jamais 2 sans 3 dans ma folie furie. Je croise simplement les doigts pour qu’ils limitent la casse… lol

      Bonne journée et bon courage pour tes examens 🙂

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