Piloter un vaisseau

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– « Camille, tu veux piloter un vaisseau ? », me demanda-t-on par télépathie alors qu’une forme humanoïde se retourna d’un panneau de commande.

Nous étions dans une station d’appareillage stationnaire dans ce qui semblait être un garage pour vaisseaux stellaires. En face de moi se trouvaient deux mécaniciens des étoiles, si je puis dire ainsi.

– Rahh ouais !! Grave !! Trop bien !!

– « Bien. Main gauche pour l’équilibre horizontal, et la droite pour le vertical. Tu as compris ? Tu le stabilises en gérant tes lignes directives. »

– Ok !!

L’être valida la délégation des commandes sur un écran qui ressemblait à une tablette virtuelle et qui avait accès à toute une flotte enregistrée dedans. Peut-être n’était-ce que les vaisseaux stockées dans le hangar.

Je tendis les bras  et ouvris mes paumes comme je faisais d’habitude pour agir sur les dimensions.  L’énorme vaisseau derrière moi lévita et actionna les propulseurs. Ça c’était cool. Vraiment cool.

Il se mit en stand by à quelques mètres du sol avec un vrombissement intéressant mais il gigotait bizarrement en se dandinant sur l’aile droite ou l’aile gauche selon le tremblement de ma main gauche.

– « Camille, ta main tremble trop. Stabilise. »

– Oui !! Attends que je m’habitue ! C’est rigolo !! héhé !! Faut que je trouve le niveau de force à mettre dedans et combien en lâcher, ça va venir, deux secondes !

Je devais trouver en moi le point d’équilibre entre la fréquence gravitationnelle et mes forces pour osciller dans la dimension et bouger aisément sans être trop rigide et saccader les flux. Trop de forces rendaient le tout brutal et sec, et pas assez, instable et faible par rapport à la ligne verticale. C’était en somme un jeu de marionnettiste mélangé d’une danse où chaque millimètre de chaque doigt avait son impact. D’ordinaire, dans l’astral, on conduisait le vaisseau pour moi. Moi, j’admirais le paysage. Mais là, on me proposait aujourd’hui une attraction bien plus attrayante. J’adorais les attractions astrales, toutes sortes et toutes formes, et plus l’effet était puissant et plus je kiffais ma race.  Et mes guides savaient ça. Voilà aussi pourquoi ils me proposaient souvent des petits tours à travers les dimensions avec des effets Wouahou, pour que je m’amuse en chemin. Parce que c’est ce qui me faisait oublier toutes les corvées que je détestais faire à côté. Et ils savaient aussi que j’y étais sensible. Pour une attraction intéressante, j’étais capable de faire des trucs de ouf dans des mondes merdiques à mort que je détestais plus que tout. Mais voilà, au final, j’avais un truc vraiment cool en chemin, et la plupart du temps, c’était gorgée de magies belles et puissantes. Alors franchement, elles valaient le coup.

– Ah ! Ca y est ! je le tiens !

Le flux de ma main gauche se fluidifia et l’avion aussitôt fit de même. Il resta en vol stationnaire sur commande et ma main gauche se décrispa et trouva son point d’équilibre.

– « Bien. Tu veux aller où maintenant ? »

Je levai les yeux au ciel et matai les étoiles brillantes. Mon visage arbora mon sourire le plus malicieux qui soit.

– Hum… Héhé !! HEHEHE !!! On va là-haut, en ligne droite ma poule !!!!

Aussitôt dit, aussitôt la commande était lancée. Je retournai ma main droite paume ouverte et mis deux doigts pointés net vers le ciel.

– Tout droit ma belle, en piqué net ! Plein gaz !  C’est parti !!! A fond les moteurs !!

La propulsion mit les gaz et en moins d’une fraction de secondes, je me retrouvai dans le cockpit. Ca y est, nous partions pour les Étoiles.

Une fois arrivé dans l’Espace, une voix me demanda.

– « Et maintenant, on va où ? »

– Hum…

Mes yeux se plissèrent et sondèrent les lumières des Etoiles. Un amas m’apparut en gros plan et la voix prit le relais.

– « Là. Equilibre le vaisseau. Garde les points droits et ne dévie pas de la cible.»

La vitesse s’accéléra en direction de la galaxie. J’avais du mal à garder le point centré dans mon compas intérieur.

– « Camille, fais comme dans le documentaire télévisé hier, dans les avions et leur repère à l’atterrissage. Dessine une croix sur l’amas. Et garde tes lignes horizontales et verticales collées au plus proche de la croix. »

– Nh !! C’est dur !

– « Ne t’éloigne pas des lignes. Garde l’horizontal sur ton point de repère…. Bien… c’est ça, continue…c’est ça… Ne lâche rien avant que l’on ait touché terre. Tu as compris ? »

– Oui !….  J’espère quand même qu’on arrivera vite !

– « Garde le vaisseau sur la trajectoire avant toute chose. »

– Huhum…

Debout dans le cockpit, les étoiles défilèrent à une vitesse astronomique. J’avais cette sensation que l’espace se pliait et que nous prenions des raccourcis. Autour de moi, des lignes de lumières et en face, l’amas qui grossissait au fur et à mesure de l’avancée.

 

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