Concevoir et animer

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Nous passons tellement de temps à concevoir, créer et bâtir, pour demain, pour les autres, pour nos parents ou pour ces professeurs, pour notre patron ou pour nos enfants, que quelque part, en route, on en oublie de vivre.

Toujours pressés par le temps et ces attentes inassouvies, ces rêves idolâtres endormis que l’on enferme petit à petit dans une boîte en les sombrant dans l’oubli et l’inaccessible.

Nous courons après nos pensées et ressentiments, ceux qui nous tiennent et refusent de nous laisser partir, ceux qui nous attachent et nous enivres d’illusions inavouables, considérées comme abjectes et non vivables.

Par qui ? Par quoi ?

On s’autorise de respirer mais on court même après l’air, et le temps. Tout passe toujours trop vite ou trop lentement, et l’air n’est jamais assez pur ou assez bon. Il manque toujours ce petit quelque chose.

Oui, ce petit quelque chose mais quoi ? Qu’est-ce ? Où le trouver et comment faire ?

Et voilà, nous courons comme nous jouons à saute-moutons. Encore après nos propres pensées. Entre celles que l’on garde précieusement alors que l’on aura jamais le cran de les faire sortir de cette boîte pourtant si jolies dans lesquels on a pris le soin de les ranger, et puis, il y a les autres, les autres que l’on rejette. On les rejette parce que lorsqu’on se regarde dans un miroir, on voit la société et les considère jamais assez bien, jamais assez bon.

Au final, nous considérons que nous sommes des êtres qui devront sans cesse prouver la recevabilité de nos propres pensées. Celles-ci est-elle considérée comme recevable pour les autres ? Et celles-là ? Sera-t-elle acceptée si je l’annonce et décide de la vivre ?

Nous passons tellement de temps enfermés dans nos propres boîtes que nous en oublions de vivre pour ce que l’on est vraiment.

Je crois que l’on commencera à vivre le jour où on ne se demandera pas plus si nos pensées ont le droit ou non d’être acceptées par le monde.

J’ai passé nombre d’années plus jeune à me comparer. je ne trouvais pas ma place au milieu de ces autres filles, ni ces autres garçons. Et pourquoi ne me sentais-je pas acceptée par le monde qui m’entourait ? Ma cousine avait cette vie de famille modèle pour moi et toute ma vie, j’en ai été jalouse. Jusqu’à ce que je comprenne que j’étais différente d’elle. Et de tous les autres d’ailleurs.

Nous armons et bâtissons nos vies sur la compétition et le challenge, les classes élitistes, en créant nos petits ingénieurs, pour construire un monde meilleur, soi-disant.

On construit le meilleur en formant, en apprenant, en regardant autour de soi et en mimant. On tente de reproduire et d’aller plus loin. Oui, parce que nous avons la foi que quelque part, nous sommes différents et que par conséquent, nous avons des aptitudes que l’autre n’a pas en lui. A ce titre, nous pouvons donc le surpasser.

Le surpasser de quoi ?

Avoir une meilleure vie de couple ? Ne pas divorcer quand on voit tous ces couples autour de nous qui capotent ? Aimer quand on voit l’autre détester ? Donner quand on voit les autres se replier ?

Nous vivons à la fois un mouvement et son contraire. Nous faisons un pas en avant, mais à côté, nous faisons un pas en arrière. Et puis quelque part, un jour, on se demande au final ce qu’on fait là et ce qui est important.

Cherche-t-on à avancer ? Et qu’est-ce que vivre ?

Tic tac bâtisseur. La roue tourne. Et toi, où es-tu ?

 

2 Comments

  1. Alexandre

    Bonjour Camille,

    J aime beaucoup l expression tic tac bâtisseur.Sam me dit ce qui compte c est ce que tu fais pour rendre ta vie plus agréable, non ce que tu montres à la société… Je me suis acheté hier une nouvelle tablette informatique car le 25 septembre ce sera mon anniversaire, j ai donc décidé de me faire plaisir en avance j espère le fêter avec mon père et mon frère , on verra bien lol bises

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