Contacter un dragon

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  Je me couche, je suis claquée. Je m’endors vite. Lorsque j’ouvre les yeux à nouveau, je suis dans un espace bleu foncé, très sombre. Ah…. je dois être dans l’entre-deux. Fais chier, je n’aime pas cette zone qui m’empêche d’être libre de mes mouvements. J’essaie d’avancer, mais je sens que je suis encore retenue au corps car à chaque fois que je vais pour avancer, j’ai comme un retour vague à la couette.   Je me souviens de cette technique que je fais parfois pour faire les sorties astrales lorsque le passage est ouvert et que je bloque un peu.   Il faut que je bascule complètement ma conscience de l’autre côté. Si la conscience est trop maigre, le moindre bruit, la moindre sensation de la couette, le moindre petit doigt que je bougerai me fera aussitôt revenir dans mes draps.  C’est une occasion que je ne veux pas perdre surtout que je suis pleinement lucide. Profitons-en.   La technique est simple. En réalité lorsque vous êtes à l’entre-deux, vous êtes à mi-chemin.  Il suffit simplement de s’imaginer sur une chemin entrain de marcher et d’avancer jusqu’à temps que vous ayez le plein contrôle de vos mouvements de l’autre-côté.   Je regarde le sol et fixe ma concentration sur les pas. Je dois les voir se créer un à un au sol. Je dois me sentir marcher, me sentir avancer. Je dois amener toute ma conscience sur le chemin et la basculer complètement.   A vrai dire, ce moment est délicat car si on est pas assez concentré, on perd le fil, le fameux fil qui sert de chemin, de passage.   Je m’obstine bien 5 minutes à avancer sans penser à rien d’autres que un pas, puis un autre. Je commence à pouvoir bouger ma tête, mon torse, et enfin, mes jambes. Ah, ca y est, j’y suis enfin.   Lorsque je lève la tête, je suis sur une propriété en ruine, la nuit, l’ambiance est festive et plein de gens sont là.  Dans la cour, il y a un feu de joie où des personnes s’y retrouvent pour rire, danser et jouer.   Je visite un peu et comme je me souviens clairement de mon obstination du moment, j’exige comme une gamine qui voudrait un bonbon “je veux voir les dragons !” en parlant bien fort tout en visitant les pièces.   Je sais que tous mes guides entendent mes demandes et à la seconde même où j’ai finis de le crier haut et fort, un homme dans l’ombre passe juste derrière moi et me dit sur un ton très grave : – “tu pourrais déjà commencer par leur demander de t’écouter.”   Mes yeux se fixent aussitôt dans le vide. Je n’y avais simplement jamais songé. Je n’avais pas réalisé que je devais considérer le fait qu’ils m’écoutent étaient un gage d’attention, de respect, mais surtout d’honneur. Non, jamais. Pour moi, c’était acquis, normal, banal, Ils devaient m’écouter c’est tout (bah quoi?!). Les dragons étaient mes compagnons et voilà, limite à réagir à mes moindres caprices d’enfant gâté.   Je me suis demandée si Lui n’était d’ailleurs pas un Dragon pour me répondre de la sorte. Ou peut-être un de mes guides de l’Ombre à sa manière de me répondre.  Il a été particulièrement tranchant et c’est cela qui m’a fait réalisé mon attitude enfantine à leur égard.   Je m’incline en m’excusant et en me rendant compte de mon attitude. Je l’appelle alors à m’écouter et m’explique en demandant pardon parce que je n’avais jamais vu les choses comme ça.   Sans même attendre de sentir sa Présence, je continue de parler, de lui raconter ma vie, mais surtout mes ressentis du moment, du fait que je me sente seule avec mes histoires de couples.   Je raconte mes histoires en passant de pièces en pièces et en fuyant celles où des gens me perturberaient. Je tombe sur cette jolie pièce abandonnée au 1er étage dans laquelle se trouve un magnifique piano tout en marbre blanc tacheté de noir. Le clair de lune illuminait la pièce. Je passe ma main dessus, ayant toujours aimé le piano et lui dit “Pourquoi ne me répondrais-tu pas en musique ?”.   Les touches en marbre du quart-de-queue se mirent à bouger, le son était saccadé et je décide d’enlever ma main pour le laisser la liberté pleine de jouer à sa guise, comme si en enlevant ma main, je le laissais faire comme il voudrait sans mon influence.   Je recule d’un pas et le son se fait entendre. L’air commence par le piano. Le son était faible, et aussitôt après l’avoir pensé, je vis un bouton d’une chaine hifi se touner à bloc. Le son m’envahit complètement de toute part. Les touches bougeaient avec une telle fluidité. Le violon arriva, des notes graves, un alto peut-être ? Puis la symphonie commence, le violon monte dans les aigues et redescends, on aurait dit la symphonie pour Violoncelle N1 de Bach mais à l’envers presque.   C’était magnifique.   Je ne me souvenais pas du tout avoir écouté cet air dans cette vie, mais je me souviens de la prestence de la musique dans tout mon Etre. Il devait bien me connaitre pour jouer cet Air et me répondre ainsi.   Je n’ai pas eu la possibilité de tout écouter car je suis devenue très touchée et émotive en entendant une symphonie aussi fort dans mes oreilles et résonner en moi. J’ouvris d’un coup sec les yeux en pleine nuit. Mon coeur battait très fort. Je sentis un cercle énergétique très fort sur mon plexus cardiaque (que je ne sens jamais), surement mon chakra qu’il a activé, et la chaleur dans ma main gauche… Elle n’est jamais aussi chaude et vibrante… Et cet air de musique qui résonne encore.   En ouvrant les yeux, je réalise une fois de plus que jamais je n’avais pensé devoir leur demander de m’écouter, je n’avais jamais compris que c’était un honneur en soi d’être écouté.   Je me retrouve toute penaud, dans mon lit, mais heureuse qu’un dragon m’a parlé par musique. Les notes étaient si parfaites, le son si pur. Je ne suis pas classique pourtant, mais lorsque c’est jouer pour soi, c’est autre chose…. Lorsque le volume a nettement augmenté, je n’avais pas mal aux oreilles, j’étais juste envahie par sa réponse. Il jouait pour Moi.   C’est ce que j’aime dans les rêves lucides. Tout est possible, tout prend vie à partir du moment où l’on laisse le pouvoir à ce qui nous entoure.     Bises  

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Source: Rencontres d’entités 5

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