La flotte face à la brèche

La flotte et la brèche

Assise confortablement, dans mon rêve, sur un fauteuil entrain de me faire bichonner, je suis attirée par un pan de mur sur la gauche. Il y avait cette toile qui représentait exactement l’idée de ce que je me faisais de la flotte dans le ciel hier soir. Évidemment que ma lucidité percuta au quart de tour.

– C’est drôle … C’est exactement comme ça que je te voyais…, je disais en admirant le vaisseau mère entourée par quelques points de lumières ici et là pour les plus petits vaisseaux, avec la ligne terrestre plus flou en dessus, et le tout, dans un joli ciel bleu épuré.

La toile prit soudain vie. Le son était branché sur le canal du vaisseau mère. Une voix douce commentait sommairement la toile, elle venait de la flotte.

– “Une brèche va apparaitre d’un instant à l’autre, nous allons donc devoir prendre des dispositions”, me disait-elle en se synchronisant sur l’activité de la toile qui illustrait les propos, les ordres dans le fond retentissaient avec droiture et rigueur. Tout le monde savait déjà ce qu’ils devaient accomplir, et l’ensemble s’organisait comme une évidence fluide en mouvance.

– Une… b…. brèche… ?  Ce serait peut-être pour ça qu’on m’a éjecté de la flotte hier ?… Parce qu’elle se lance en guerre ?

A moins de 12 images par seconde, les dessins s’enchainèrent les uns à la suite des autres en saccadés, s’assurant que je percute bien l’ensemble des flux s’animant sous le message d’alerte venant d’être donné. En fonction du type de force, la toile prenait un certain code couleur avec un trait particulier, pointillé, épais, fin, tirets, double-tirets, elle fonctionnait par étapes répétitives, ce qui me permettaient de comprendre la direction des forces et d’où elles émanaient. Ainsi, je vis la brèche éclater dans leur monde, l’impact subi et la prise en charge de la puissance.

Plus les millièmes de secondes passaient et plus je sombrais dans une panique incontrôlée.

– Une brèche, putain, une brèche… C’est la guerre, ça y est, la guerre des mondes recommence !

La connexion se rompit au moment où les vaisseaux se dirigèrent vers le vortex énormes qui venait d’apparaitre faisant rejaillir un faisceau lumineux.

Je m’effondre et j’explose.

– Putain, c’est le début d’une guerre énergétique, et personne le sait… ! Personne le sait bordel !! Qu’est-ce que je vais faire ? Non mais faut prévenir les gens, ch’sais pas ?!! Personne en a conscience de ce bordel !! Ah si !! mon oncle !! Faut que je lui en parle, faut que j’en parle à quelqu’un !! Lui y comprendra !

Je me retournais, angoissée et paniquée au possible, et là, que vis-je ? Ma grand-mère défunte. Ca faisait de longs mois que je ne l’avais pas vu alors j’étais surprise de la voir dans cette circonstance.

– … Mamée !!…. C’est la guerre, la guerre !! Qu’est-ce que je dois faire ! Personne le sait … Tout lJe dois prévenir des gens non ? … Tout le monde s’en fout !! Tout le monde !! Ils en ont rien à foutre !

-” Et toi, alors ?… Tu ne t’en fous pas royalement peut-être ?… Jusqu’à présent, tu ne t’ai jamais senti concerné par tout ça de toute manière… “

Je la fixais, sa niaque n’avait pas changé, elle me connaissait si bien. Et sa voix qui m’avait tant manqué… Et puis, cette énergie de La Mère qu’elle dégageait, c’était curieux, totalement différent de ce que je ressentais d’elle dans nos dernières rencontres. Elle avait donc pu s’élever alors…

Oui mais, c’est sûr, j’m’en fous d’ordinaire, mais là, c’est pas pareil !! Ils m’ont tout fait voir !! Tout, Mamée, J’ai tout vu ! Comment tu veux que je ne me sente pas concernée ? Une guerre des mondes putain !!…  Qu’est-ce que je dois faire ?…  Je n’aime pas les guerres Mamée, et je ne veux pas les voir, j’veux pas… Mais là, ils… ils… *snob snob*

Je cours vers elle, et viens l’enlacer aussi fort que j’ai pu, enfonçant ma tête sur son bidon bien renfloué, exactement comme je l’avais fait avec La Mère quand je l’avais croisée. Ressentir son énergie à travers Elle, c’était un condensé de tout ce que j’aimais et qui  me faisait du bien.

– Qu’est-ce que je dois faire Mamée ?… je disais en pleurant, le son étouffé par les vêtements.

Sentir son corps me serrer fort, et son amour pour moi, sentir La Mère à travers elle… C’était si aimant, si doux, et si chaleureux…

– “Rien, il n’y a rien à faire…  Tu continues de vivre dans ton monde…. Allons allons, ma petite chérie… Est-ce que tu sais que j’ai attendu longtemps d’avoir une petite-fille comme toi ?… Hein ? Le sais-tu ? … Comme j’étais heureuse de t’avoir ! ….”

Je relevai mes yeux refusant de la desserrer, les larmes coulant toujours à flots le long de mes joues.

– “Quand j’ai su que c’était toi qui arrivait, j’étais tellement heureuse ! Je l’ai su 12 mois avant…”

– Ah oui ?…

– “Oui, je suis tellement heureuse de t’avoir eu en petite fille… Et puis quand tu es enfin arrivée, j’ai sauté de joie ! J’étais vraiment heureuse tu sais !… “

Je me réveillai dans mon lit, le ventre tremblotant, les yeux remplis de larmes.

Ma mère m’avait toujours dit que ma grand-mère avait été particulièrement heureuse de ma naissance. Mais de l’entendre de sa bouche, me toucha. Elle m’aimait d’une force incroyable. Et j’aimais énormément ma grand-mère. Je l’aimais, et je l’aime toujours.

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