Libérer la charge mentale

Bonjour à tous,

J’aimerai aujourd’hui revenir sur un point important de la charge mentale, vous savez ? Toutes les choses qui vous pèsent et qui sont tellement imprégnées dans votre tête que vous n’arrivez pas à vous en défaire ?

Le principe de la charge mentale est une donnée qui reste dans votre tête, qui grossit en fonction des nouvelles données qui arrivent et qui finit par vous ralentir jusqu’à vous peser émotionnellement. Pourquoi ? Parce que vous n’arrivez pas à gérer ce qui arrive comme information et qu’il y a un décalage entre l’énergie qui est mise pour s’en libérer et l’énergie dépensée pour accepter et intégrer le problème.

Le corps mental est une machine magnifique de réflexion qui nous permet d’écouter notre environnement, l’analyser et traiter les informations qui nous parviennent. C’est votre côté analytique. Le problème qu’il arrive souvent, c’est que la charge mentale génère des accumulations sur les émotions. Ce débordement provoque ainsi une réaction défensive de notre corps émotionnel qui va essayer d’envoyer les signaux de détresse pour demander à ce que le problème de fond soit résolu.

Le hic, c’est que bien souvent, nous gérons uniquement notre charge émotionnelle et non notre charge mentale.

Rappelons les bases :
Les émotions sont là pour envoyer une information sur un état d’être.
Le mental est là pour analyser une information

Alors on n’est pas là pour se battre, à savoir qui arrive le premier l’oeuf, ou la poule, autrement dit qui provoque l’autre, la charge mentale qui génère la charge émotionnelle, OU la charge émotionnelle qui génère la charge mentale.
Nous allons rester sur l’essentiel, ils fonctionnent très souvent de consœurs.

L’afflux des émotions intenses va saturer le mental qui va essayer de trouver une situation envers et contre tout (instinct de survie oblige).
L’afflux des données dans le mental va rajouter un poids car il a besoin d’espace et d’air pour ranger, classer, trouver les boites qui conviennent pour ensuite savoir quoi en faire.

Aujourd’hui, on se focalise sur notre petit être mental que nous appellerons notre Analyste intérieur.
Il convient d’être lucide sur la manière dont il réagit.
– Regardez la fréquence à laquelle vous ressassez l’information couplée à la durée.

On part du principe que si vous la répétez au moins 3 fois, c’est que d’une manière ou d’une autre, elle vous affecte pas mal. Ce qui est intéressant est de voir jusqu’à quelle fréquence vous poussez avant de prendre en compte l’information et d’agir en son sens.

Ex : j’ai râlé pendant des mois sur mon ordi parce qu’il commençait à ramer. J’ai fini par en racheter un autre.
Par contre, si je râle plus de 3 fois parce que le sol est dégueulasse, là, je bouge direct parce que ça m’insupporte.

Les déclencheurs et la charge n’est pas la même. Il y a des choses que l’on peut tolérer, et d’autres non. Le mental, lui va avoir une vision globale des cases à traiter. Mais quand on ne sait plus comment ranger parce que nos cases sont déjà pleines, notre système sature. Ca s’accumule et on s’affole.

On a dans un premier temps besoin d’une soupape pour soulager et ainsi limiter l’arrivée de nouvelles données que nous ne pourrons pas gérer, et dans un deuxième temps, libérer des cases.

Posez-vous la question :
Quand votre cerveau est disponible, à quoi pensez-vous ?

Notre cerveau est le premier consommateur de notre apport énergétique, c’est le plus gros organe demandeur. Et pour cause, il faut non seulement faire fonctionner la machine, mais aussi le système de pensée.
Le repos n’est pas que physique, il doit aussi pouvoir être mental, sinon, c’est le serpent qui se mort la queue.

La charge mentale doit pouvoir être soulagée si vous voulez être plus calme, disponible et énergique. Tout l’énergie que vous dépensez à tenter de gérer vos cases, sont de l’énergie que vous ne pouvez pas mettre ailleurs, ou pire, c’est de l’énergie qui est volontairement sacrifiée ailleurs afin de pouvoir entretenir le traitement des données.

Une façon simple consiste à liquider des choses, et pour ce, il faut les traiter et passer à autre chose.
Si c’est une grosse chose impossible pour le moment, il faut alors aller chercher toutes les petites pour les liquider et ainsi trouver malgré tout de l’espace soupape qui aidera à y voir plus claire pour gérer le reste.

Il faut voir cela comme un sac de pierres.
Nommer vos pierres sur des posts its individuels, donnez leur un nom, une action à mener et un niveau d’importance.
Ensuite, voyez quelles pierres peuvent être scindées en deux si elles vous paraissent trop grosses dans l’action. Créez deux sous actions. OU 3 ou 4. peu importe. Nommez-les.

Quand vous avez fini, regardez tout vos post- its. Vous ne pourrez pas passer à autre chose tant que vous ne les traitez pas.
Gérez-les comme des actions avec un agenda.
Par exemple, un post it par semaine.

Commencez déjà par voir ce que vous pouvez liquider assez aisément avant de voir comment vous organisez pour les plus complexes et invasives.
Les problèmes de travail ou familiaux par exemple seront plus délicates, mais croyez-moi, il y a des petites actions à mener pour s’aider soi-même.

Il faut avoir le courage de voir sa charge mentale et ne pas passer outre. Si vous refusez de la voir comme telle, vous la dénigrez et une part de vous aura du mal à se sentir en paix.

Tout ce vous pèse, notez tout, et essayer d’y répondre par des petites actions. Même minuscule. Mais acceptez d’y répondre et de ne pas vous laisser vous-même dans le désert parce que vous préférez regarder à côté, là où l’herbe est plus verte.

Cela fait 4 mois que je passais 80 % de mon temps à m’inquiéter pour mon CV et mon portfolio. C’est énorme en ressource et énergie. On dit rien, on reste en silence, et dans notre tête, ça ressasse, encore et encore… Comme une machine qui ne s’arrête plus. Comment faire, quoi dire, comment agir, par où commencer ? On a peur de trop faire, pas assez… bref, on reste gelé.
C’est idiot pourtant comme problème… Mais mon cerveau n’arrivait pas à être disponible pour autre chose.
Après, j’ai réalisé que je n’avais pas que ça comme chose à faire, alors sur les 20% restant, j’ai saturé quand tout s’est ajouté et que mon mental a commencé à boucler sur tout en même temps.

Trop de sujets personnels, cela m’a figé. Qui est totalement aberrant quand on voit que dans le pro, je ne sature jamais parce que j’aime mon métier et que je sens une flamme en moi qui ne s’éteint pas… le paradoxe que je ne comprenais pas, mais soit. Mon mental aime cogiter sur des détails, peu importe, j’ai décidé de les accepter afin de pouvoir passer à autre chose.

Depuis mon retour de vacances, j’ai donc décidé que je devais retrouver de l’air dans ma tête, et surtout un peu de calme. Je devais virer de ma liste en cours absolument tout ce qui était possible dans un délais de 15 jours. J’en ai traité une bonne partie, et je commence à peine à me sentir mieux ce soir. Parce que je viens de rayer de ma liste un nouveau gros point noir aujourd’hui.

Je ne peux pas dire si mon approche va être une solution durable pour mes sujets traités, mais au moins, j’ai fourni une réponse à des besoins présents. Peut-être demain évolueront-ils et ainsi, je devrais apporter une nouvelle réponse, mais qu’importe, l’espace de quelques temps, j’ai moins de post-its, et donc, je récupère de l’énergie que je peux mettre ailleurs.

La charge mentale ne permet pas de réfléchir avec du recul. Elle demande une action, un traitement.
Le petit Analyste dit
– “je ne sais pas quoi foutre de ça ! Je le fous où ?!!”
– “Ca, ça me soule là ! Ca ne va pas, j’en fais quoi ?”
-” Ca, ça ne va pas avec ça, ce n’est pas compatible ! lequel on vire ?”
– ” J’ai ça, çàa et ça hors case, qu’est-ce que j’en fous ! Je n’arrête pas de marcher dessus et je ne sais pas à quoi ça correspond !”
– “Ca j’y crois pas, mais c’est joli, je garde mais je le mets où ?”
– “C’était mieux avant, non ? mais on me la refourguer, je ne veux pas jeter, si ?”

Si on compare les données avec des objets, cela serait ainsi.
Si vous répondez ” Attends, plus tard” à tous ces besoins, là la charge émotionnelle augmente. Pourquoi ? Parce que le problème n’est pas traité. Il faut trouver des petites choses pour le faire patienter ou l’aider à le soulager dans sa tâche qui est de vous aider à traiter les données.

Le mental est pragmatique, logique et calculateur. C’est un esprit qui a besoin de structure afin de bâtir sa croyance sur laquelle il se repose. Nous avons tous une approche personnelle de notre mental. Ce qu’il convient aux uns, ne conviendront peut-être pas à d’autres. Toutefois, on est tous pareil, des données rentrent, on les traite. Et si nous les traitons pas, elles restent.

Bon courage à tous.


5 Comments

  1. Celia

    Coucou Camille,

    J’ai souri hier soir à la 1ere lecture de ton article, en constatant que pendant que j’écrivais un article de blog sur le surcharge émotionnelle, tu en avais posté un sur la surcharge mentale.

    Merci beaucoup pour cet article que je trouve très précieux et utile. Il me fait prendre conscience de nombreuses choses :
    – j’ai tendance à totalement squeezé la charge mentale, et le sur-besoin d’analyse et de structure de mon côté zèbre, alors que j’ai intégré l’aspect sur émotivité et que je tente de l’améliorer.
    – je n’avais pas conscience du lien entre charge mentale et charge émotionnelle, et que je ne comprenais pas, par moment d’où ma surcharge émotionnelle venait…
    – ma surcharge mentalee st énorme (je crois bien que j’ai 100 post it écrire).

    Mon ex était un pro de la gestion de la charge mentale, avec des tas d’outils et il utilisait la méthode GTD (Getting Things Done) sur laquelle je n’ai jamais eu le courage de me pencher. Je me rends compte que c’était une erreur, et que ce problème perdure depuis mon burn out professionnel d’il y a 3 ans…
    Je n’ai jamais utilisé la méthode des post-its, jusqu’à maintenant j’utilisais plutôt les listes. Ca me prenait tous les 6 mois ou un an, de faire une liste de toutes les choses à faire dans tous les différents domaines de ma vie. Je comprends maintenant que c’était une tentative pour gérer la charge mentale.
    Mais je me heurte toujours aux même problèmes depuis 3 ans :
    – une fois que j’ai fait toutes mes listes, il y a tellement de trucs, que je réagis par des crises de stress et paniques intenses pendant les 2 semaines qui suivent… (Bon, là je comprends qu’il faudrait que je le fasse plus souvent)
    – j’ai plus de post-it qui entrent que la vitesse à laquelle j’arrive à les faire sortir, avec la maladie et la fatigue chronique : ce qui augmente mon stress, me fait mettre des objectifs journaliers irréalisables…
    Le pendant de ça, c’est que je suis tout le temps à la ramasse, je passe mon temps à gérer les urgences, parce que je n’arrive pas à avoir de soupape entre les entrées et sorties…
    Ouah, c’est une sacré prise de conscience, je ne sais pas comment je vais pouvoir gérer ce bordel… Mais merci pour la conscientisation !

    Tu gères comment toi, quand tes flux entrants sont beaucoup plus important que les sortant et que ta capacité de traitement ne permet pas de compenser, et que tu te retrouves submergée ?

    Bises

    1. Spiritual Flower

      Bonsoir Cel,

      Quand ma liste atteint un nombre que je juge conséquent, je passe en mode liquidateur.

      Tout ce qui est sur ma route et qui m’emmerde est traité. Je rafle un maximum de choses en un minimum de temps évalué et je passe en mode productivité rentabilité. Les tâches sont évaluées selon le niveau critique et la masse petite mais qui occupe le mental.

      J’avais 6 gros posts it, j’en ai fait 4 en 15 jours.
      L’un d’eux m’a pris 6h de travail par jour pendant 10 jours pour aboutir à un résultat convenable.

      Une autre fois, j’en avais 6 que j’ai pu compilé en 2h de temps.

      Ce qui compte n’est pas la masse, mais uniquement l’accomplissement.
      Il faut accepter de les traiter et réflechir après.
      Si tu restes en mode analyste, tu n’agis pas parce que justement, tu es dans la réflexion.

      Il faut s’accorder un temps pour tout. Un temps pour réflechir, et un temps pour agir.

      100 post its, et alors ?
      Divise-les en paquet par exemple.
      Tâche moins de 15mn
      Tâche moins de 2h
      Tâche urgente
      Tâche amusante

      Et en fonction de tes envies, tu pioches.
      Par contre, tu pioches, tu fais.

      Bises

    1. Spiritual Flower

      Cel,

      Et n oublie pas de garder ta pile des “Faits” ou “done”.
      Regarde-la monter au fur à mesure et remercie toi de mettre de l’effort, de l’énergie et de l’amour dans tes réalisations. Sois fière de ton avancée et surtout, ne regarde pas ce que tu n’as pas encore fait. Vois ce que tu as fait. Et si tu ne trouves pas cela assez, tire un nouveau post it To Do et fais le.

      Ainsi, tu participes petit à petit à montrer à ton autre toi, ta bonne foi, tes efforts, et ta volonté à faire ce qui compte pour toi.

      Ta pile réalisation est une pile de fierté.

      Et rappelle toi à chaque fois que tu mets ton post it dans la pile faite :

      ” Chaque post fait n’est plus à faire. Je passe à autre chose.”

      Au fil du temps, je te garantis que tu vas te sentir fière de toi, surtout quand tu auras trouvé ton rythme de croisière.
      Ta confiance va monter et avec, ta force et ton énergie.

      Bises

  2. Celia

    Coucou Camille,

    Merci pour ces précisions ! Heureusement que tu le m’as expliqué, parce que sinon moi j’aurais scrabouillé et jetté les post-its sans y penser, trop contente d’en supprimer XD.
    J’ai tendance à oublier de me féliciter pour le travail déjà fait et à ne voir que la montagne qu’il me reste encore à abattre. Cela va être un très bon exercice pour changer cette façon de fonctionner, merci !

    Bises

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