La Mère et les Messagers

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Ce matin, comme à mon habitude quand je suis fatiguée, je me rendors une heure. Plusieurs avantages : le premier, se reposer bien sûr, et le deuxième, pourquoi pas partir en rêve lucide ; ca tombe bien, cela fait longtemps que je n’en ai pas eu (une semaine environ)  et c’est déjà trop.

Un décor apparait devant moi. On dirait une pièce quelconque. J’ai beaucoup de mal à bouger. Je ne dois pas être encore dans la dimension.

– Faut que j’y aille ! C’est le créneau et ça fait trop longtemps. Allez ma poule !! 

Je me force à avancer et avancer. Ma vue commence à zoomer dans la pièce, c’est bon signe, c’est que j’avance. Ce n’est pas encore suffisant, alors je continue jusqu’à temps que je vois et sente mes membres bouger avec aisance dans la pièce de transition. J’y arrive au bout de ce qui me semble être 10 longues minutes de galères. Je dois faire vite, j’ai des choses à voir et des questions à poser.

Je pose ma main au sol. Il faut que je change de dimensions, que j’aille dans mes profondeurs pour choper les couches plus profondes de mon Être et plus directes de ma conscience.Je dois pouvoir traverser mes univers. Je dois pouvoir glisser dans mes profondeurs. Si je n’arrive pas à traverser c’est que je me bloque avec mes propres limites.

Ma main commence à glisser dans le décor. Bien. Ca me fait toujours bizarre cette sensation, c’est comme pénétrer dans du caoutchouc où le plus dur est de passer le 1er centimètre de la main. La densité derrière est tout autre. C’est comme un puit de noir, de silence et de profondeurs. Je dois oublier mes peurs, oublier la pensée qui me traverse de me dire que je suis entrain de me faire engloutir dans le noir asbolu que j’ai vu une fois.

Je suis chez moi ici. Il n’y a pas de raisons à ce que je ne sois pas accueillie sur le prochain sas.

Lorsqu’un décor apparait de nouveau, je suis avec ma petite fille intérieure à milieu de ce qui me semble être des pièces souterraines, comme des grands halls, comme des galéries modernes en fait.

Son accueil est chaleureux, mais je n’ai pas le temps de trainer. Je dois actionner mes questions et ne pas me laisser divertir par des futilités. Elle a l’air bien, et active. C’est bien. Elle me demande de l’accompagner pendant que je tente la conversation.

Je vois des murs avec plein de dessins, qui d’ailleurs ne semblent pas être les miens, ce qui me fait rappeler un de mes sujets en sus depuis un bail.

– Tiens, au fait, ça me tracasse beaucoup. C’est quoi mon lien à la peinture ? je dis en repensant à mes rêves d’Eveil qui m’osbessent depuis toutes ces années.

Elle se mord les lèvres et ne répond pas. Elle continue de baisser la tête en marchant vite. Je lui tire le bras doucement et lui redemande.

– Dis-moi, parle-moi… J’aimerai comprendre… Pourquoi je n’arrive plus à rien faire ?… Où est ma créativité ?

Triste et tout penaud, elle me fixe du regard avec les yeux tremblants et me répondit d’une traite.

– Je l’ai perdue.

A la vitesse de l’éclair, elle retourne les talons et se dépêche de continuer sur sa lancée en me laissant divaguer dans mes pensées.

Je suis touchée par ses mots. Moi, je peux comprendre de dire ça, moi l’humaine et la p’tite peste que je peux être en peinture, je peux comprendre. Mais elle, Elle, mon Enfant intérieure, la fleur de ma Fleur, me dire ça comme ça… Je comprends alors beaucoup de choses sur mon énorme frustration, mes colères, ma perdition quand je dessine, ma tristesse aussi, et mon envie de tout détruire car quelque chose en moi ne s’exprime pas comme il le devrait. Quelque chose en moi est perdu, elle pense qu’elle a perdu quelque chose. Et je vois que ça la touche sinon elle ne prendrait pas ce regard peiné.

On arrive dans un grand hall de pierres où beaucoup de personnes se retrouvent là. Sur un grand socle en vieilles pierres au milieu d’un ancien amphithéatre, des dates et des évènements marquants défilaient. Il y avait de tout, des naissances, des chocs, des moments heureux, des tournants. Je vis une date apparaitre et je l’ai reconnu, les mois ne correspondaient pas, mais pourtant, je savais au plus profond de moi de quel moment il s’agissait.

“C’était le jour de la dispute avec ton frère”, me dit-elle.

– hum, je dis encore touché par ce que j’ai vécu, ce jour là, il m’a brisé intérieurement …

– “Ils sont venus pour toi.”

– Ouais, je sais, je m’en souviens, et j’ai été prévenu la veille aussi. Mais et les autres dates ? Cela ne me concerne pas, toutes ces naissances et ces autres moments qui semblent importants ?

– “Lorsque le moment est arrivé, une Aide vous est systématiquement envoyée.”

– Comme ce jour là…

– “hum”, faisant mine d’un signe de tête.

Les dates inscrites sur ce socle, c’était marrant dans le fond. Si une date apparaissait pour toi, ça envoyait directement les Anges à tes côtés… Je trouvais le concept super organisé… Chaque appel, une sonnerie, et PAF ! un Ange. Je trouvais ça cool. j’aurai aimé rester plus longtemps pour découvrir un peu plus sur l’organisation angélique, mais malheureusement, les membres de ma famille ici présents commencaient à foutre le bordel. Mon oncle veut prendre le pas sur la conversation.

– Ca suffit tonton ! C’est mes univers ici !! De quel droit tu te permets ?!

Il se fiche de mon interpellation, et recommence. Il tenait à casser tout ce qui était entrain d’être dit ici. Le Hic, c’est que si je crie plus fort que lui, mes émotions vont me renvoyer direct au lit… BIGRE ! Fais chier ouais. Bon… faut que j’me barre, pas le choix. Je ne vais pas perdre l’opportunité du rêve lucide juste pour crier plus fort qu’un autre et tout foutre en l’air. Ce serait vraiment trop con.

– Viens, que je dis à ma petite fille. Viens, on se barre vite d’ici ! On a des trucs à faire encore toi et moi. J’ai des questions à te poser.

Lorsque j’arrive dans la pièce d’après, elle a disparu. Ts ts ts…

– Pas grave, je vais faire un appel !

Un carnet de demandes apparait alors.

– Cool ! Il me suffit de lui demander !

Je voulais en savoir plus sur la peinture et comme ma petite fille ne pouvait plus me répondre, je passe à la taille au-dessus.

– Tadada…. Qu’est-ce que je veux ? je dis en passant ma main sur les options du petit carnet : “demande, partage, conseils voyage  ?” Tididi… Je sais pas….

Je repasse ma main dessus.

– Montre-moi ce qui est pour moi ! Je veux avoir des réponses pour la peinture !!

“Partage” se met à clignoter, mais suite à ma question précise, plus rien ne s’allume.

– Et merde !! Bon… bah.. pas le choix hein ! Puisque c’est comme ça…  J’Appelle un Ange !!!

Je me retourne et PAF ! Quelqu’un apparait derrière mon épaule et vint s’asseoir sur la banquette juste à mes côtés.

– Ah ! Mais je te connais toi ! Je t’ai déjà vu ! hum… Attends que je réfléchisse… Tu n’es pas Jérémie, ni Aurélia d’ailleurs… pourtant, je te connais !

– “…i….e……ten.”

– ? Hein ?! Tu peux répéter ?

– “Rire Reuten.”

– Ah et comment t’écris ça ? (Ca sonne pas comme un nom d’ange ça ? Je me demande si mon Appel à finalement bien marché, en même temps quand je vois les autres noms… franchement…soit)

– “r-i-r-e, et r-e-u- ten”

– Ah..attends, attends, faut que je le mette dans ma mémoire vive… R-i-r-e r-e-u-ten… Merci de me répéter… Je sais que je te l’ai aussi demandé la fois derrière, mais j’lai encore oublié ! Désolée mais tu comprends, ça m’aide pour apprendre à vous connaitre.

Elle avait de jolis cheveux d’un pâle blond qui tournait vers le roux, très épais et ondulé, légèrement attachés à l’arrière de sa tête. Elle n’était pas expressive du visage, mais me regardait fixement et très intensément chaque fois que nos yeux se croisaient. Elle semblait stricte aux premiers abords, mais était pourtant très fluide et serviable dans la parole. 

– Je te reconnais, tu étais là avant, n’est-ce pas ? Il n’y a pas longtemps… Ca y est !! Je me rappelle de toi maintenant !

– “Je suis partie de toi il y a deux semaines.”

– Ah ouais !! Tiens d’ailleurs, t’es partie en loose sans même me prévenir que tu te barrais !! T’exagères !

Elle ne répondit rien.

– Que fais-tu là ?

– “J’ai entendu (perçu) ton Appel alors j’y réponds.”

( *Niahhhh* –  ouaaa l’efficacité de mes Appels….)

– Merci d’être là pour moi !

Elle se relève de la banquette et vient s’asseoir au sol de manière plus confortable parce que c’est vrai que ça me fait vouter le dos la manière dont je suis assise ici.

– “C’est marrant hein la manière dont le corps est impacté par ce que vous vivez.” qu’elle me dit soudainement.

– Oh Oui ! D’ailleurs, tu as vu comment ces derniers temps je pense à me redresser et tout ! J’ai compris qu’il faut que je me redresse les épaules et que je marche fièrement du buste ! Avant j’étais souvent courbée parce que je n’aimais pas mes seins.

– ” Et par exemple, ceux qui font le choix d’avoir des enfants, travaillent essentiellement les pieds avec les chevilles. Ils apprennent à bien s’ancrer, à être là, ici, dit-elle en insistant lourdement avec ses pieds sur le sol. En fonction de vos choix de vie, vous travaillez certaines zones précises de votre corps.”

Je souris à ce qu’elle m’explique, je me disais que j’avais peut-être bien vu concernant cette zone de mon corps.

– Mais restons focus veux-tu, ce n’est pas ça en fait que j’aimerai parler avec toi. Quel est mon lien à la peinture ? 

Elle me fixa une seconde en silence puis me lança :

– “Pourquoi ne demandes-tu pas à ton Enfant intérieur ?”

– Je l’ai fait juste avant, c’est pour ça que je t’en parle à toi. Elle me dit qu’elle a perdu son lien. Elle pense qu’elle a perdu sa créativité.

Elle plisse les yeux sans un mot comme si elle se mettait à réfléchir à mon problème.

– … Y faut qu’ tu m’aides à la retrouver.

– “Hum… Ce problème ne rentre pas dans mon domaine.”

– Dans ce cas, est-ce que  ….

– “Bien, je vais t’trouver quelqu’un… Dans deux semaines, Il viendra te voir.”

Je n’ai pas eu le temps de la remercier qu’elle m’enchaine avec son visage qui s’agite soudainement :

“La Mère m’a demandé de venir checker sur toi et comment tu allais. Elle m’a dit ” Et alors, elle est contente pour [X] ? Et comment elle va ma choupinette ?! ”

– Euh… [X] ?! Mais attends….. La la la…. LA Mère ?…. Tu veux dire…. La MERE ? ….. Genre…. LAAAA Mèèèère ?

– “La Mère.”

– Mais La Mère, c’est qui ? Genre-euhh…  Marie ?

– “Pas vraiment non.”

– C’est comme avec les Anges, et chez les catholiques ? … Tu sais, comment je ne croyais pas du tout aux Anges avant, et pourtant, vous êtes venus, il me faut bien une référence de base… C’est ça, genre elle est comme Marie alors ?

-“… Non.”

– Mais alors La Mère genre quoi ?

Tout d’un coup, je sens mon ventre inspirer dans le lit, et je comprends qu’à la seconde où j’expirerais, je retournerai sous la couette, dans le lit.

Une fraction de seconde plus tard, j’ouvre les yeux la gueule sur mon oreiller.

– Rahlala !!! J’y étais presque !!! J’étais à Deuuux doigts de comprendre un peu plus qui Elle EST !!! Rahhhhhhh  BOUHHHHHH

 

 


Source: Les Anges

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