Négocier avec ses guides

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Je repris conscience en lisière de forêt. Sans attendre je me dirigeai vers la maison rattachée au terrain.

–  Ils sont où, lançai-je au premier venu en parlant de mes guides.

– Ils sont là, répondit-il en m’ouvrant la voie sur la gauche.

En passant le pas de porte, je découvris une salle d’entrainement. Ils étaient quasiment tous réunis dans le dojo pour des séances de luttes et combats rapprochés.

Mes yeux s’étrécirent et en un coup d’œil, je sondais la pièce. Je n’étais pas réellement surprise. Mes guides apprenaient sans cesse toutes sortes de choses en fonction des liens et alliances que le clan bénéficiait.

L’un des combattants me vit pénétrer le hall et me rapprocher tranquillement des tatamis.

–  Elle est là, elle est là, tapota-t-il penaud, à son partenaire alors qu’il était en pleine prise de corps à corps. Elle est dans la pièce !! Elle nous regarde !

Il s’arrêta aussitôt. Son partenaire, s’interrogeant sur qui était le « Elle » se tourna sur moi et surpris, fit la même chose sans perdre une seconde.  Le duo se figea en se tenant debout au repos, et en silence. Les autres suivirent comme une trainée de poudre. Certains ayant entendu les murmures, les autres m’ayant vu ou entre-aperçu. En 3 secondes, j’avais une trentaine de guides aux aguets, tous en stand-by tournés dans ma direction, attentifs à mes moindres faits et gestes. Un calme de plomb s’était abattu dans cette salle où normalement les bruits rauques étaient sensés surgir de partout. C’était dérangeant et me donnait presque une importance que je n’avais pas. Normalement aucun des profs ne devait s’arrêter pour moi, comme à l’époque où je pratiquais moi aussi les arts martiaux. Le cours n’arrêtait pas parce qu’une personne était passée regarder voir l’entrainement.

Les voir tous ainsi me fit presque relever le sourcil d’énervement.

Je n’avais rien dit, rien fait, et pourtant ils semblaient tous attendre quelque chose de moi. Devais-je dire quelque chose ? J’entendais encore quelques uns respirer fort suite aux efforts intenses qu’ils étaient en train de fournir la seconde d’avant.  Bon bah quitte à avoir toute leur attention, autant en profiter…

– Puisque vous êtes tous là, vous avez ce que je vous ai demandé ?… Alors ? Vous avez pu me trouver … ?

–  Hem…Hm… On l’a oui, on a le paquet, fit celui qui m’avait vu arriver en premier. (Il se retourna vers un autre) Father ?… hm.. ehm..  On peut lui donner ?

– Non, répondit fermement un homme mûre qui ressortit du lot avec la prestance d’un professeur et qui se fraya tout naturellement un chemin entre les élèves. Ne lui donne pas. Elle doit pouvoir y arriver d’elle-même sans compter dessus (Il se tourna vers moi).

Il se dégagea de la masse et vint à ma rencontre. Ma vision zooma sur lui. Il était berne de l’œil droit orné d’une simple coque noire ficelé autour de la tête. En lieu et place de son index droit, une grande serre parfaitement affutée annonçait clairement le niveau de danger. Il me faisait penser a un vieux pirate rebelle mais parfaitement létal.

–  Camille, tu dois être capable d’y parvenir toute seule, sans aucune aide. sans rien. Mais si tu utilises ça, cela ne résoudra jamais le problème de fond. Qu’est ce que tu veux ? Résoudre ton problème ou non ?

Je détournai les yeux et mon visage se renferma. Fais chier, putain.

–  Tsk. Résoudre mon problème, grognai-je avec des mots arrachés de ma bouche.

Agacée, je rouvris les yeux dans mon lit.

–  Ca m’énerve !! Je n’aurai pas craché contre un système alternatif qui m’aide un peu ! pssss…

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