Implanter le rayon de Dieu

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Quelque part aux confins, j’ouvris les yeux sur une terre dévastée par les énergies sombres. Une atmosphère grise et dense là où la vie ici n’était que créatures déchirées par ce poids énergétique. Entre monstres, zombies et démons, rien n’était charmant. Rien n’était lumineux et rayonnant. Sauf moi. Moi, ici, toute seule.

J’étais l’unique phare présent dans ce monde.

J’avais atterri telle une fusée, arrivant à pleine allure tout droit de l’espace. Impossible de me rappeler le temps qu’il me fallut pour atteindre ce monde, mais je me sentais loin de la Lumière, à l’écart de l’Amour et de la Vie telle que je la concevais dans un ensemble de mondes en évolution. Ici, j’avais atteint un univers dont la Vie voulait récupérer ses droits, un univers qui avait oublié où était la Lumière de la Création Elle-même. C’était un monde qui sombrait, un monde en perdition et délaissé. Mais plus pour longtemps.

En faisant l’état des lieux, peu de choix s’offrirent à moi. A vrai dire, il n’y en eu qu’un, et très vite, j’en acceptais l’issue.

Je levai les yeux en direction de l’espace, m’accroupis et ouvris ma paume de main. Un seul type d’appel convenait pour ce genre de situation, un seul. Il me fallait le plus direct de tous en un maximum de portée. Il n’était pas question ici de gérer une entité ici, ou un même un clan entier, non. Ici, il fallait traiter la planète entière. C’était tout ce monde qui en avait besoin.

L’invocation me traversa l’esprit comme un flash furtif et évident. C’était le rayon le plus beau et le plus intense de tous, le plus brute de décoffrage tant sa capacité à transcender était immense. Ici, il n’y avait que ça à faire. Il me fallait ce truc pour faire un décapage absolu et sans retour. C’était ça, et rien d’autre.

– J’appelle le Rayon de Dieu ! hurlai-je sans perdre une seconde tant je n’aimais pas rôder en terre sombre sans rester active.

Je ne voulais pas me retrouver malmenée par des énergies que je n’appréciais guère. Les énergies sombres et moi, on n’était pas des grandes copines, et en général, lorsqu’on se retrouvait en face à face, ça tournait au vinaigre pour l’une de nous.

A peine la dernière syllabe fut-elle prononcée que mon canal s’ouvrit de force sous l’impact du rayon divin tombant de je-ne-sais-où dans l’espace, et me foudroyant de par en par, plongeant aussi profondément dans la terre que faire se peut.

En plus du canal que j’utilisais parfois pour les passages d’âmes ou pour les restructurations dans l’aura, celui-ci avait un petit plus. Je ressentais l’Intelligence derrière la Création, cette présence en ligne directe, pure et parfaite que rien ne pouvait ternir. Cette espèce d’entité qui se noyait dans le Tout, qui était le Tout. Ce truc qui incorporait la Vie à lui seul. Était-ce cela ce qu’on appelait Dieu ? Je n’en avais aucune idée. Je sentais simplement que c’était son rayon à lui et que rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de sa route.

Voilà, ce rayon incorporait la Vie à l’échelle des mondes en création. Il m’utilisa comme ancrage et me traversa jusqu’à ce que suffisamment de puissance fut injectée au coeur de cette terre, pour que, petit à petit, au fil des siècles, ce monde puisse retourner vers la Lumière et retrouver l’Amour de la Source.

Je ne sais toujours pas comment j’ai fait pour supporter une telle déflagration venue de l’espace sans que cela ne décompose chacune mes cellules.

Il m’avait suffit de lui offrir un point d’ancrage et un point de sortie. Le reste n’avait qu’à couler… enfin, jusqu’à ce que cette Intelligence ne décide que c’était suffisant.

Quelle force fallait-il pour changer le cours d’évolution d’une planète entière, d’une dimension entière, et ce, sans se faire rebouffer derrière par le sombre ? Quelle force fallait-il pour ne pas crouler à nouveau sous les forces encore présentes ? Je supposais simplement que si une personne au monde était capable de le faire, c’était bien Lui. Dieu.

Pourquoi avait-il accepté et sous quelles circonstances ? Je n’en avais aucune idée. La seule chose que je savais par contre était que lorsqu’une invocation me passait par la tête, la prérogative de son utilisation venait avec. J’avais accès à la magie et au canal nécessaire pour utiliser toutes ses fonctions.

Cela venait-il de ma magie et de mes accès personnels ou de la Source en elle-même délivrée juste pour ce cas précis ? J’étais incapable de le dire. Et je ne cherchais pas plus à comprendre. L’invocation qui m’avait traversée, m’avait donné les accès. Si cela venait à moi, c’était qu’il y avait une raison. Point barre.

Je ne contrôlais rien de la descente. Je faisais simplement en sorte de rester stable et ne pas perdre pieds dans ma tête. Après tout, je n’étais qu’un canal, un simple transistor dont la pression fut boostée à son maximum juste le temps du job.

Une fois l’objectif atteint, la pression redescendit aussi sec à la normale, presque comme si de rien était. Je ne fus pas vidée comme la fameuse fois que j’avais douloureusement passé une âme. Non, là, à ma plus grande surprise, je tenais encore la route malgré une bonne fatigue qui tirait dans mes ressources énergétiques et quelques difficultés pour encaisser les chocs internes. Faire passer un tel rayon coûtait quand même cher. Mais bon… Pour le coup, c’était tout comme j’aimais. Efficacité, rentabilité, productivité. Je me faisais chier un bon coup sur un minimum de temps avec un maximum de puissance et l’objectif était atteint. Tout ça, en deux minutes, il y avait de quoi me réjouir… Une action pareille, c’est ce que j’appelais “dépoter grave”.

Cela dit, depuis ce jour, j’ai compris comment la Source éclaire dans la pénombre. Elle utilise un ensemenseur et elle plante une graine.

Oui, ce jour là, j’ai planté pour elle. J’ai réceptionné son rayon et il s’est servi de moi comme lien avec la planète sous mes pieds. Il me traversa, me foudroya et déversa tout ce qu’il a pu à pleine puissance. C’était une rafle, un peu comme un satellite enverrait un laser sur terre, sauf que là, tout venait de plus loin et tout était gorgé de forces créatrices conçues pour Aimer.

Le rayon s’implanta tout seul. Moi, je l’avais juste appelée parce que quelque chose en moi s’était activée, comme un bon pour accord, une porte que l’on m’ouvre, un accès que l’on m’offre parce que la Source l’a exigé et accepté.

Je me souviens en pleine déferlante me demander pourquoi la Source avait la Volonté de récupérer ce monde alors que je pensais qu’elle n’intervenait pas dans l’équilibre de l’Ombre et de la Lumière. Je me demandais pourquoi elle souhaitait implanter la Lumière et étendre sa vie sur ces mondes au lieu de laisser les énergies sombres se développer en toute neutralité.

Le rayon de Dieu était issue de la Lumière ou le rayon de Dieu n’était-il qu’Amour au delà de toute dualité ? Je ne savais pas trop quoi penser. Etait-ce la Lumière qui s’invoquait en moi, ou la Création brute ? Je ne savais plus.

Cela dit, je comprenais mon rôle à cet instant précis. Je plantais la vie. Je ne savais pas vraiment pourquoi ni comment, mais la Lumière travaillait avec moi jusque dans ces mondes lointains en souffrance.

Une fois l’énorme jet d’énergies diffusées au sol et fermement implantées et puis scellées, la pression redescendit aussi vite que le laser était apparu, sauf que là, toute la dimension avait vu son taux vibratoire changer. Une brèche de lumière prenait maintenant place, et avec, une voie avec la guérison.

Là où j’avais apposée ma main, là où le rayon était tombé, une graine germera et un Arbre de Lumière poussera. Un arbre gigantesque.

Un nouveau monde renaitra ici, loin de ces dimensions grises. Cela prendra du temps, mais maintenant que le noyau était implanté, la dimension évoluera sur cette nouvelle base.

Je me redressai une fois l’ensemencement terminé. La Lumière avait tout nettoyé sur un vaste périmètre à la ronde. Les monstres fuyaient les réminiscences dans les environs. Ceux qui s’en approcheraient seraient peu à peu transcendé.  Plus rien ne pourrait arrêter ce qui venait de s’enraciner ici.

Je me remis debout et enclenchai mon départ en lançant le processus de lévitation et déplacement astral.

–  putain, ne trainons pas ici…  La Lumière est implantée mais le sombre rôde toujours en surface et ils vont m’en vouloir grave…. (*les entités choquées par le traumatisme énergétique subi dans l’environnement commencèrent à grogner*) Ou putain, ca y est, ils m’ont repérée…. ! Allez, on se casse, et vite vite !! ordonnai-je yeux vers le ciel en implorant le décollage.

Toutes les entités sombres avaient pris cette implantation comme une agression. Tous tournèrent leurs attentions sur moi, sur le phare que j’étais ici, en plus d’être l’épicentre du changement à 180 que j’ai fait provoqué en changeant l’évolution de cette dimension toute entière. J’étais la fautive, la responsable, celle à abattre et je n’aimais pas ça. A cause de moi, le sombre ne règnera plus ici. Bientôt, plus tard, de magnifiques peuples évolueront dans la Lumière sur ces mêmes terres. Les clans évolueront et travailleront dans l’Amour. Mais pas tout de suite. Non. Il fallait un certain temps. Et pour le moment, les clans sur place étaient plus du genre rancuniers, grave. A cause de moi, le sombre avait perdu la clé de son emprise. Le reste ne serait qu’un effet boule de neige. Cela dit, ce n’était pas le moment de polémiquer. J’étais seule et je n’avais vraiment pas envie de me retrouver prise au pied du mur.

La Source m’avait larguée ici, le job était fait, la tâche remplie, donc maintenant, toute mon attention était sur le fait de me tirer d’ici le plus vite possible, mais pas sans tirer ma révérence.

– Fiiiini  le gris ici !! Fiiiiini le sombre !! Fini-les-mondes-de-merde, et PA ! Bon-jour Lumière !..  Un peu de lumière dans ce monde de chiotte, ça va pas vous faire de mal, croyez-moi !  Nan mais vous allez même aimer ça, vous allez voir ! … Bon euh, peut-être pas tout d’suite, mais de toute façon, la Lumière va transcender tout ça , hein ! Vous allez tous y passer ! Vous deviendrez tous lumineux ! En-joy !! Allez c’était sympa de faire affaire avec vous ! Allez Tchao !

Bah quoi… ? C’est pas parce que j’invoque des magies sympas que ça change mon caractère de chiotte. Mes anges le sauraient si c’était le cas… je crois que malgré tout, ils ne perdent pas espoir que je m’adoucisse un jour et que je devienne docile comme un chaton. Moui.

Moui.

Moui-moui-moui.

 

2 Comments

  1. Francis

    BOnjour,

    Parmis les fous, je crois que je fais parti de ceux qui savent qu’ils le sont. évidement ce n’est pas facile de rester dans la lumière car s’abandonner c’est prendre le risque de se perdre. alors un moyen de limiter se risque est de ne se donner qu’à eux que l’on aime. encore faut il avoir été aimé. Encore faut-il n’avoir été trahi par ceux qui vous ont aimé.

    Si des chemins menent au bonheurs ,l’essentiel c’est d’être entouré par ceux qui vous aident à y rester et à éviter les impasses dans lesquelles nous nous mettons par peur d’avancer.

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