Accueillir un guide à ses côtés

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Il faisait noir, les voitures passaient phares allumés et tout faisait un boucan monstre. A tous les coups, mes boules qiecs s’étaient délogées et le bruit prenait place jusque ds mon rêve lucide.

Après avoir pris soin de prendre la tangente rapidement, je tombai au bout de l’allée sur un homme se faisant agresser par une plante nocive.

Je sautai à sa rescousse et le délogeai de son début de mort pitoyable. Les sorts de guérison furent aussitôt lancés, et en deux temps 3 mouvements, il reprit toutes ses couleurs.

La plante elle, se rua sur moi, frustrée que je lui ai enlevé de force son mets préféré.

-«  Attention ! La plante est mortelle ! Elle est toxique, tu vas mourir si elle te touche !! »

La plante me porta un coup et me griffa la main. Je pouvais sentir l’énergie commencer à s’immiscer en moi.

– « ah !! non mais non !! Tu vas… !! »

–  Je vais rien du tout, rétorquai en commençant à onduler les flux comme un maitre de qigong, vois-tu, quand on a la foi, c’est elle qui détermine le court des choses, avec la foi, tu peux créer et modeler l’histoire. Tu peux créer un monde à ton image, tu peux tout concevoir, tout imaginer, et créer tout ce que tu veux. Parce que tu as la foi. Et cette plante ne me tuera pas. Pourquoi ? Parce que j’ai la foi qu’elle ne m’atteindra pas. Je ne peux pas mourir ici. Et la plante ne peut me détruire. D’ailleurs, elle ne me fera absolument rien. Regarde…

Je redirigeai la force venimeuse de la plante et finis par la soumettre. Elle reprit une forme de cactus et se retrancha dans son pot. Le jeune homme disparut et en détournant le regard, je le vis me fixer au loin, alors qu’il pensait s’éloigner discrètement. Il me dévisagea tellement intensément, que je compris sur le champ, surtout en recoupant avec mon discours sur la foi. C’était un guide qui venait me donner une leçon. Oui, il voulait que je me rappelle de l’importance de la foi et de la manière dont elle vivait en moi. Et par dessous tout, je détestais ces leçons faites de manière grotesques avec ce genre de mises en scènes où j’avais l’impression d’être manipulée comme un foutu pantin.

Ce guide m’avait franchement énervée. Et la plante aussi d’ailleurs. En une baffe franche, ma main vint gifler le bout du cactus qui ressortait. Ce petit bout d’entité m’avait attaqué et avait attaqué les autres. cela m’avait quand même coûté énergétiquement et j’avais dû faire des soins.

*PAF !*

–  C’est pas bien ce que t’as fait ! C’est vilain ! Tu vas te calmer maintenant hein, sinon la fois prochaine, j’te réduis en grosse pâtée pour chat. Tu gardes tes pics pour toi et tu vas jouer ailleurs que proche de moi, c’est clair ? Et arrête de blesser les gens, c’est pas bien !

La plante grelotta sur place en marmonnant de petits bruits incompréhensibles.

En me retournant, l’homme réapparut. Mes sourcils froncèrent. Je détestais ce genre de leçons, vraiment. Quand bien même le message était important. Je préférai que mes guides viennent me voir et me parler plutôt que d’user de stratèges pour m’atteindre. Je commençais à fulminer.

– « Camille, camille attends !! Attends !… Je…. Je sais que tu vas sûrement me faire un doigt comme la fois dernière avant de m’envoyer bouler à trois kilomètres … (il mime en même mes propres gestes qu’il s’était prit la fois dernière, et le pire, c’était tellement crédible de ma part…) Mais écoute, avant de me congédier, s’il te plait…. je veux pas partir…  »

Je le regardai impassible. Oui, j’avais envie de l’envoyer chier, ça c’était certain. Ceci dit, j’étais aussi curieuse de savoir ce qu’il avait à dire. Il prit mon silence et ma passivité comme une perche tendue. Il n’entendit pas pour enchainer.

– « je… je veux pas m’en aller… je … Je veux continuer de rester à tes côtés… Je t’aime… Je t’aime vraiment et je veux rester auprès de toi… Je ne veux pas que tu me rejettes encore… En plus, être avec toi, c’est tellement plus que tout ce que j’ai connu jusqu’à présent… tu n’imagines pas combien c’est enrichissant pour moi… Il y a tellement en toi, juste toi toute seule, c’est incroyable… Tu sais, tu as plus de richesses en toi que toutes les âmes que j’ai aidé jusqu’à présent réunies… Je ne veux pas partir… S’il te plait… permets-moi de rester à tes côtés… s’il te plait… S’il te plait Camille… Je veux rester auprès de toi…»

Je le scrutai de fond en comble. Il émettait de l’amour doux et gentil, il était sincère, ce guide m’aimait. Et je connaissais la valeur de ce que j’offrais à ceux qui restaient à mes côtés. J’étais dure et parfois même tortionnaire dans l’astral, mais l’enseignement et la magie derrière en valaient la peine. Je comprenais que des guides voulaient rester à mes côtés pour cette raison. Tout comme j’aimais travailler avec des guides efficaces parce que moi-même, je les estimais riches d’enseignements. Et lui, avait été efficace. Sa leçon, je l’acceptais… Oui, je devais me rappeler de ces mots, des mots que j’ai dit sur la foi, aussi, je reconnaissais que son travail était bien et correct. Il m’avait apportée une guidance fiable en dépit du fait que je n’aimais pas la manière dont cela avait été véhiculée. Toutefois, il avait bien fait son job. Il était un bon guide et son amour était sincère.

Il me regarda les yeux inquiets et l’air penaud.

– « …Tu ne dis rien ?… Tu veux que je m’en aille, c’est ça… ?…Ce n’est pas ce que j’aurai voulu mais… Si c’et ça que tu exiges de moi, je partirai… Nh…je ne veux pas…. laisse-moi rester… je t’en prie… »

– Hm…

Je m’approchai et tandis qu’il ne savait pas s’il devait s’attendre à des représailles ou à une envolée d’insultes, j’ouvris les bras et m’adoucis radicalement. Il fallait bien admettre que j’avais des petits guides qui se donnaient vachement de mal pour m’aider et m’accompagner et lui avait dû pas mal en baver, surtout que j’étais du genre à rejeter tout le monde sauf mon dragon. Or, mes autres guides faisaient aussi un boulot d’enfer cachés dans l’ombre.

– Viens… Un câlin. je veux un câlin…

Il crut mal entendre ce que je dis et me regarda l’air éberlué.

– Viens me faire plutôt un câlin au lieu de partir, répétai-je en souriant, bras toujours ouverts.

Surpris et soulagé, il accourut en pleurant et vint se blottir contre moi.

– Hum… je veux bien que tu restes. J’ai compris ton message, tu as bien fait ton travail. J’avais besoin de l’entendre, mais je n’aime pas la façon dont tu l’as fait, ceci dit je reconnais tes qualités. Tu es un bon guide… J’aimerai que tu continues de m’accompagner, si tu le veux bien.

Il releva la tête, ému et acquiesça les yeux encore luisants.

– « Oui ! … oui, je reste auprès toi. Je ne partirai pas… »

– Bien… et qui es-tu ?… Tu m’aimes tu dis, mais… tu n’es pas Chouchou… si ?… mais pourtant je ne te reconnais pas. Qui es-tu ? Tu ne peux pas être lui , et pourtant tu dis m’aimer ?

– « Oh non, je ne suis pas lui, non… Je ne t’aime pas comme lui t’aime… Moi, c’est François. Tu ne te rappelles pas, tout à l’heure ? J’étais là aussi, sous le nom de Dominique, j’étais sur sa main quand le monsieur est venu te voir.»

– Ah je me disais bien, aussi, que tu n’étais pas lui, marmonnai-je en pensant à Chouchou. Je ne t’ai pas perçu non. Je n’ai pas fait attention.  Tout s’est passé vite et je n’ai pas tout compris de ce que j’ai fait avant d’arriver ici.

Pensif une seconde, il revint sur un sujet qui le tenait à coeur.

– « Toi… Tu as de la chance, toi, avec [X]… Tu n’es jamais seule. Tu as quelqu’un comme ça dans ta vie, c’est merveilleux… Moi je me sens si seul… Depuis longtemps je n’ai personne, c’est dur… J’ai l’impression d’errer tout seul.»

– Et pourquoi tu n’essaieras pas avec mes Maitresses ?

(on ne parle pas de servantes, mais de maitresses. Ce sont des êtres d’essences féminines qui excellent dans des domaine précis et qui m’accompagnent depuis de nombreuses vies du fait de mon rôle et de mon rang spirituel. Ce sont des aides en somme. Mais pas forcément dans les domaines magiques.)

– « ah ? tu me le permettrais ?… »

– Oui, elles sont toutes belles et jolies comme tout, pourquoi ne tenterais-tu pas ta chance avec l’une d’elles ? Fais attention ceci-dit. Je prends grand soin d’elles. Il faut bien les traiter. Elles me sont très précieuses.

– « Ohhh !! Tu m’y autorises, tu m’y autorises !…  »

– Oui, vas-y, tu verras bien. Bonne chance, et traite-la bien.

 

 

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