La théorie, la pratique, et le pragmatisme

Bonjour à tous,


D’un côté, il y a un monde magnifique, avec des lignes conceptuelles qui ont été structurées en loi applicable, mariant très souvent le si avec alors. Un ordre dans des conditions, qui une fois rentré dans les clous est sensé former un résultat tant attendu. La théorie est une belle narrative qui suit une certaine logique avec causalité. Seulement voilà, les théories doivent être mises en application, et c’est là qu’on se rend compte si la théorie est réellement applicable.
Au milieu de ça, il y a le pragmatisme, ce qui nous fait garder les pieds bien sur terre, grâce à ce que l’on sait qui fonctionne. On veut du concret, du palpable des choses qu’on sait vérifiables, quantifiables, faits non de théories, mais de théorèmes précis. Et nous, on est quelque part à essayer de jongler entre ce que l’on croit savoir, ce que l’on sait, ce qu’on ne sait pas, ce qu’on aimerait savoir, et ce dont on ignore tout mais qui sans savoir pourquoi interpelle malgré tout.

La raison nous stabilise dans une structure rassurante. Notre corps mental fonctionne ainsi, comme nos cellules d’ailleurs, c’est avant tout de l’ingénierie mécanique. Et pourtant, logé quelque part dans notre cavité cardiaque, se trouve un endroit très unique dans le coeur humain, le point nerveux qui donne la pulsation à notre coeur, le courant.

Trouver ce qui alimente notre propre courant est difficile. On cherche tous ce point de départ qui donne le rythme, nous anime et fais en sorte de nous alimenter en permanence. On cherche ce qui nous rassure et en même temps, ce qui nous rapproche de ce nous aspirons à être. On veut à la fois être soi, et être la meilleure version de soi, sans pour autant savoir en quoi cette version de soi consiste. Nous est-elle totalement inconnue ? Comment nous parle-t-elle ?

On dissocie très souvent le coeur et la raison, comme la théorie et la pratique.
mais au final, qu’est-ce qui compte vraiment ? est-ce que cela est important ?

– « Il faut faire ce que l’on aime » m’a dit un kiné il y a quelques mois quand j’ai dit que je ne voulais pas d’infiltrations pour la hernie discale, et que je tenais absolument à tester la piscine en rééducation.
– « Aimez-vous ça? », m’a-t-il demandé.
– Là n’est pas un facteur. Je veux du résultat. Je crois que la piscine peut m’aider. J’y pense beaucoup. Je veux tenter.
Lui, septique, et non convaincue réitéra sa phrase magique.
– « Il faut aimer ce qu’on fait, sinon cela n’aidera pas le corps à se remettre. Vous avez certainement des blocages nerveux. faites ce que vous aimez.Ne faites pas de la piscine juste parce que vous y pensez. »

Dans un monde de oui-oui, tout le monde ferait ce qu’il aime et serait heureux dans le plus merveilleux des mondes. Voila Fin.
Mais non.

Il n’avait que cette phrase à la bouche, une grande leçon de vie qui me débloquerait des points d’EXP dans la gestion de ma hernie discale persistante. Pas faire si pas aimer.

Comment expliquer à certaines personnes que parfois, le choix ne se situe pas dans l’émotion, mais dans l’action ? Aimer n’est pas l’objectif, obtenir un résultat si.
C’est de la mécanique pure et dure. On verra la couleur après. L’Ombre par exemple applique cette règle. L’Ombre, c’est le Verbe. C’est la puissance dans l’action de.

Il insista de plus bel, comme s’il détenait la vérité qui allait changer la face du monde, et au passage changer mon univers. Or j’avais depuis longtemps dépassé le stade de la lumière et du tout amour. Moi, j’en étais au stade expérimental.

C’est la que pragmatisme arrive. on sait ce qu’on veut, on sait où on va, on veut simplement y aller en utilisant les facteurs qu’on a classifié et qu’on est capable de déterminer.
Être pragmatique, ce n’est pas se couper de l’un ou l’autre, ce n’est pas s’oublier soi, ce n’est pas faire passer la raison ou le coeur avec l’un ou l’autre, c’est simplement faire un choix en tenant compte de facteurs concrets en vue d’objectifs précis. On trace une ligne et on y va. Le seul hic, c’est qu’on ne sait pas la route qu’on va arpenter en chemin à cause des facteurs qui sortent de notre contrôle.

Là arrive alors un nouveau choix. Pragmatique n’a pas à vivre avec morosité et victimisation. Pragmatique peut apprendre à ne pas râler. Mais encore faut-il encourager Pragmatique en l’éclairant sur ces choix. La piste était-elle intéressante ? A-t-elle la possibilité de donner un résultat, et si oui, de quelles manières et sous quels délais ?

Pragmatique vient aussi avec son lot de conséquences. Cela implique d’accepter réunir les conditions portés par nos facteurs décisifs. Un résultat ne vient pas tout seul. Même pour pragmatique. C’est du travail, parfois beaucoup de travail. Et une fois alors qu’on a compris que Pragmatique était un choix intéressant porteur de potentiel, là rien nous empêche d’y intégrer de nouvelles notions, comme l’émotion, la joie, l’amour.

L’Amour n’est pas toujours un choix premier. Les guides disent que si. Moi, j’ai un avis très partagée sur la création. Quand bien même j’ai eu mon lot d’aventures toutes aussi tarées les unes que les autres, cela n’empêche pas de voir le monde aussi avec mes yeux humains.
Avant d’aimer, certains s’arrête simplement à la mécanique des flux. J’aime Pragmatique pour ça. Parce que justement il me permet de ne pas me perdre dans une idéologie ou une théorie dans laquelle je ne me reconnais pas et dans laquelle je ne me vois pas évoluer. Pragmatique utilise de belles boites que je peux empiler et avec lesquelles je peux avancer, car je sais comment elles fonctionnent.
C’est une suite, une réaction en chaine et quand la formule est appliquée, normalement, le résultat apparait. Avec, on peut s’octroyer une marge de manoeuvre, mais cela dépendra de comment pragmatique accepte la variable.

Les médecins disent toujours de ne jamais changer 2 variables à la fois, c’est trop pour le corps. J’aime bien cette règle. Avec une seule variable, on peut apprendre à connaitre son poids, et son impact, sa valeur aussi, sa maniabilité.

On croit souvent que dans l’astral, tout est chaos. En réalité, tout est affaire de mesure. Les forces sont constamment mesurables. Les mathématiques sont constamment appliquées. Les forces de la vie sont bien plus pragmatiques qu’on pourrait le penser. Après, me direz-vous, la vie est aussi faite de cas particuliers. Le tout finalement, est d’accepter que tout se mélange. Apprenons simplement à piocher où cela nous chante. Déjà… quand on a une idée en tête et une envie, c’est déjà pas mal, non ?

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