Le territoire

A chacun la place de vivre

La notion de territoire est un concept très animal et pourtant bien présent en chacun de nous. Cela fait parti de nos instincts animal.

Le territoire est un endroit délimité dans lequel une fratrie évolue, ici en l’occurrence, les personnes présentes dans la maison (famille, couple, personne seul, colocation…)

Un territoire est établi sur des règles bien définies qui permettra au “clan” de s’y épanouir.  Seulement, tout comme on peut le constater chez l’animal, la manière de gérer le territoire est réservé aux dominants. Ce sont eux qui vont établir les règles de circulation et de gestion de la vie quotidienne.

Les dominants n’ont pas à la base l’objectif de l’épanouissement de la “meute”. Ce sont des dominants dans ce qu’ils considèrent comme étant leur propre territoire et donc leurs règles.

La notion de territoire est très importante dans le sens où elle nous permet de comprendre comment est dirigé la gestion de la vie d’intérieur et la place que chacun prend dans la maison.

Dans un équilibre absolu, tout le monde prendrait autant de place que l’autre, que ce soit dans la prise de décision de la maison, du couple, de famille relative aux affaires de la maison.

Cependant, un tel équilibre est difficile car notre égo prend le pas sur l’autre, ce qui pour certains, les arrangent très bien. Mais pour d’autres, c’est plus compliqué.

Ils se retrouvent étouffés et soumis par celui qui souhaite tout contrôler, tout diriger.  Souvent, ce sont ceux qui vont se retrouver confinés dans des “grottes” , vous savez, ces pièces dans la maison où ils prônent “ici, j’ai le droit d’y faire ce que je veux !”.

En réalité, ce sont des pièces de confinement. Dans le cas où ils se sentiraient tout aussi bien dans les autres pièces, ils auraient plus l’appeler “pièce de repos”, mais le fait que les autres pièces de la maison ne leur permettent pas de s’y sentir à l’aise fait de cette pièce, une pièce de repli sur soi. Pour le dominant, cette pièce sera perçu comme une pièce de liberté où il “accepte” bien souvent malgré lui ou il finit tout simplement par bien vouloir “accorder” une pièce pour accorder le droit à l’autre de faire comme il veut.

La notion de territoire est une question de pouvoir et d’ascendance. La manière dont on va gérer l’intérieur de la maison dépendra alors de la manière dont on se sent avec soi-même.

A-t-on besoin de contrôler l’autre, de maitriser tous les aspects de chez soi ? De prendre la majeur partie des décisions ? Accepte-t-on de laisser le même pouvoir que l’on s’octroie à l’autre ? Si non, pour quelles raisons ?

A partir du moment où tout le monde trouve son compte dans la gestion du territoire, c’est très bien, mais si cela créé des tensions chez l’un ou chez l’autre, c’est que clairement, il s’agit ici d’un appel à travailler sur soi afin de ne pas subir ou ne pas soumettre à l’autre ses propres problèmes.

On ne souhaite pas contrôler pour rien. Souvent cela procure un sentiment de contrôler tous les aspects de sa vie, et de la reconnaissance de son pouvoir en soumettant autrui.  Peut en découler un sentiment de puissance, d’assurance, de confiance en soi. Pour l’autre, c’est un sentiment de dévalorisation, de soumission, de ne pas avoir sa place au même titre que l’autre, de ne pas être suffisamment considéré – reconnu pour ce qu’il est en tant qu’individu à part entière.

La difficulté dans la gestion du territoire va dépendre de son égo, mais également de la manière dont le partage se fait entre les personnes. Acceptent-elles le partage ? Ont-elles besoin de bruit ou de calme pour s’épanouir ? Ont-elles besoin d’un endroit pour se retrouver avec elle-même ?

La notion du territoire va donc faire appel à la notion de respect si on veut que tous se sentent bien avec eux-même dans la maison.

Lorsque l’on se sent bien chez soi, c’est que l’on se sent bien dans toutes les pièces de la maison, sinon, c’est qu’un aspect en vous demande à être pris en compte.

Dominé ou être soumis n’est pas du tout un problème si tout le monde se sent bien avec la manière dont tout est géré. La difficulté arrive lorsque certains le vive mal dans différents domaines :

– les courses, la propreté, les prises de décisions pour les soirées, les diners, les sorties, comment vivre et comment respirer chez soi… bref, à tous les niveaux…

Alors souvent, les gens feront des compromis.  Cela dit, à partir du moment où le compromis est toujours fait à contrecoeur, il va s’en dire que ça va peser sur la personne.

Trouver des vrais compromis signifie que vous retrouverez cette balance dans le territoire dans des aspects où vous sentiez lesé grâce à un accord de principe qui permettra à la balance de s’équilibrer , mais cela ne signifie pas qu’il faille s’en servir pour abuser ou compenser ces compromis par d’autres manières plus vicieuses encore tout ça parce que vous avez accepté un compromis avec lequel au final vous n’êtes pas réellement en accord.

Communiquer et se respecter sera la base pour que chacun puisse se sentir bien à la maison.

Cela dit, respecter l’autre ne signifie pas que sous prétexte que untel ait besoin de soumettre pour se sentir bien que l’autre doive “accepter”.

Respecter et accepter l’autre c’est prendre conscience que l’autre est notre égal et qu’il n’est pas là pour se modeler à nos contraintes de vie.

Respecter l’autre signifie lui laisser libre d’être.

La maison est à la base un lieu de ressources, de retour à soi, dans notre confort intérieur. Si l’on ne peut y être à l’aise, ou que l’on met d’autres personnes mal à l’aise, c’est important de se pencher sur ce sujet, parce que c’est tout l’ensemble de la maison qui en ressentira les conséquences.

Que l’on soit enfant, parent, conjoint ou colocataire ne change rien au fait que chacun a sa place dans l’environnement. Mais toute présence a des besoins différent, d’autant plus que certaines personnes prendront des rôles particuliers quant à la gestion de la vie commune.

Les responsabilités donnent des obligations et devoirs mais ne signifient pas qu’il faille étouffer les autres.

Tout est affaire d’équilibre entre soi et les autres afin que chacun ait le sentiment d’être considéré et reconnu pour ce qu’il est.

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