Le rôle victime – coupable

Un victime, un coupable et le justicier masqué 

  Prend en considération la notion de justice afin de reconnaitre le déséquilibre subie par la personne victime du traumatisme.

 Sur le point de vue de la justice, la victime est reconnue comme « plaignante » lorsqu’elle ressent le besoin d’aller en justice pour réclamer la reconnaissance des chocs qu’elle a subit, et ainsi espérer un rééquilibrage qui lui servirait de compensation suite aux traumatismes.

 C’est alors que même lorsque qu’une personne ne réclame soi-disant pas justice mais se plaint de sa situation, elle réclame dans tous les cas une certaine justice quant à sa situation de victime.

 Nombres de personnes se disent ne pas être victime et pourtant passe leur temps à se plaindre d’un fait, d’une situation. A partir du moment où elles se placeront comme personne subissant un choc, elles se placeront en tant que victime.

 La victime est considérée comme la personne qui n’a pas pu faire un choix en connaissance de causes et qui en subit les conséquences. C’est alors un mécanisme naturel de demander à la vie de réparer une situation en reconnaissant les faits perçus par les parties concernées de sorte à ce que chacun ait conscience des responsabilités qu’ils ont joué dans la création des évènements.

 La Justice offre alors la reconnaissance des conséquences et la prise en charge de la responsabilité dans les choix qui ont aboutis aux désagréments causés. La Justice est donc une manière de retrouver une balance énergétique en permettant à la partie lésée une offre de compensation qui lui servira en gage de reconnaissance pour aller de l’avant en offrant à la victime la possibilité d’utiliser cette compensation pour ne plus se percevoir en tant que victime, ce qu’on appelle un dédommagement.

Mais qu’est-ce que la Justice si ce n’est un jugement qui tranche sur les responsabilités dans les prises de choix ?

Le rôle de victime et de coupable repose sur la notion de responsabilité à déterminer, cela dit, ne sommes pas tous responsables à différents niveaux ? ce qui va faire la différence va alors être la prise de conscience de chacun au moment des faits. Certains auront conscience de la portée de leurs actes et d’autres non.

 On arrive alors sur les notions d’erreur, de mauvais choix qui ont eu des conséquences néfastes.

On pense que les choses auraient pu être différentes avec d’autres choix, que l’on s’est trompé à un moment donné. Mais pourquoi a-t-on fait de tels choix ? Qu’avions-nous en tête à ce moment-là ?

Un coupable se perçoit-il en tant que coupable lorsque le choix est pris ? Et pourquoi le fait-il alors ?

 Rien n’est sans raison, mais tous vivons selon nos ressentis et nos prises de conscience, nos désirs, nos aspirations. Et certains choix auront plus d’impacts que d’autres, mais si on peut reprocher à l’un de se trouver là, on peut reprocher à l’autre d’avoir fait ça. Certes… Le truc avec les reproches, c’est qu’on peut en vouloir à la terre entière d’être ce qu’elle est et qui a conduit à une telle situation.

 Mais tout cela ne reste qu’un moyen pour dire que le présent n’est pas ce qu’on aurait voulu. On aurait voulu qu’il soit différent.  Maintenant, à cause d’untel, je souffre. Il faut qu’il paie, mais est-ce que cela me permettra de moins souffrir ? Tout dépendra ce dont je pense avoir besoin en gage de compensation pour mon lot de souffrance.

 On évalue les peines, les souffrances et on demande paiement à la vie. Mais au fond, on sait très bien que cela ne changera pas le passé. Alors qu’attend-t-on ? La reconnaissance et que la vie nous rende ce qu’on a perdu.  Cela dit, ne sommes-nous pas tous créateur de nos vies ? … Est-ce que cela signifie que nous méritons tous de souffrir ?

Personne ne mérite de vivre la souffrance, mais ce n’est pas pour rien si nous la créons et si nous la vivons autour de nous. Il est simplement question de choix qui ont un poids que nous assumons.  Un jour ou l’autre, tous assumerons nos choix car la vie nous placera devant eux. Parfois, ce n’est pas la justice, mais la vie tout simplement qui se rappellera à nous.

Certains l’appel le karma, d’autres les bagages de vies, d’autres les casseroles qu’on se traine au pieds, mais au final, nous portons tous notre lot de souffrance.  

 Comment s’en sortir ? En prenant conscience que nous sommes tous maitre de nos vies et que la vie ne fait que nous suivre sur le chemin que nous créons.

Est-ce un mal ? Est-ce un bien ? Et bien, à chacun de voir s’il veut vivre en souffrance ou à chercher à s’en libérer.

 Une victime restera victime tant qu’elle cherchera à faire payer un coupable et un coupable restera coupable tant qu’il devra payer pour une victime. 

–  » Je n’arrive plus à vivre depuis qu’il est mort. »
–  » Je revois sans arrêt son visage, c’est ma faute s’il est parti. »
– « c’est parce qu’il pense que je suis moche que je mange pour compenser.Alors je grossis, et je me trouve moche. »
– « Il n’arrête pas de me dire des choses méchantes, alors je me sens de plus en plus mal dans ma peau. »
– « Si elle avait été à l’heure, ça ne serait jamais arrivé. »
–  » C’est de sa faute, moi je ne peux rien faire pour que ça change… »
–  » C’est la faute du prof si mon fils n’a pas fait HEC. »
– « C’est à cause du métro si je suis toujours en retard. »
–  » Elle s’est trompée dans les chiffres, elle mérite d’être virée. »
– « C’est pas moi, c’est lui ! »
– « Ca fait 3 heures que j’attends et quand il est revenu, il a oublié les courses, alors je râle, j’ai faim. »
– « Pourquoi c’est moi qui me fait engueuler alors que je la couvre ? »
– « Je m’en veux toujours de ce que je lui ai dit il y a 3 ans. »
– …

Que l’on se sente victime ou coupable de quelque chose, c’est que l’on ressent que quelqu’un a été blessé et que l’on estime qu’une faute a été commise, d’où les conséquences d’une telle souffrance.
Cela dit, on peut se sentir coupable sans pour autant avoir créer de victime, sauf dans notre propre interprétation des choses. Comme il nous arrive parfois de se sentir coupable d’une chose que l’autre n’a en réalité, même pas retenu car cela ne l’a pas atteint. Mais ces dires ont atteint la part en nous qui s’identifiait à l’autre, d’où le sentiment de culpabilité et de la création d’une victime. Cette victime existe, mais en nous.

Le rôle de la victime est similaire en ce sens où c’est une part en nous qui a souffert et qui demande justice. Elle va donc créer la notion de culpabilité qui viendra équilibrer son sentiment de victimisation afin de garder cette vérité : Je suis une victime à cause de quelque chose- quelqu’un. Et quelque chose-quelqu’un est coupable parce qu’il a commis tel faute et a fait souffrir.

Le rôle de victime va toujours de paire avec le rôle de coupable. Si on veut sentir du schéma, c’est les deux rôles à la fois qu’il faudra arrêter de nourrir, sinon, l’un gardera toujours en vie l’autre.

 

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